Code couleur :
Blanc : récit
Rose : Julie
Rouge : Bill
Jaune : divers
Bleu moyen : Tom
Vert : Gustav
Bleu clair : Georg
Orange : Andréas
La haine, un étrange sentiment que l'on ressent tous pour une personne en particulier. Un sentiment pas si différent de l'amour. A croire que parfois, ou même souvent, ils ne font qu'un. Aimer et détester étant deux émotions fortes. Trop fortes. Elles peuvent vous détruire en un rien de temps. Elles peuvent vous changer en une fraction de seconde. C'est si facile de passer de l'amour à l'haine. Si facile mais pourtant si dure à s'en échapper. A oublier. Toutes les erreurs. Tout les choix. Toutes les conneries. On ne pourra Jamais les oublier. Non, Jamais. C'est encrée en nous, en vous comme ce sentiment haineux dont on veut se débarrasser. Pourquoi certaines personnes veulent se libérer de leur colère envers d'autres ? Tout simplement parce que ce sentiment les relie à quelqu'un. A quelqu'un qu'ils veulent effacer de leur présent. Mais vous savez, oublier une personne aimée, c'est demander l'impossible. Au fil des années, elle restera toujours là. Ici. Quelque part. Près de vous. Car, sans vous en rendre compte, chaque rencontre marque un point précis dans votre vie. Chaque personne marque une place dans votre c½ur. Certains vous apaiseront. Vous feront rire. Quand à d'autres, ils ne vous épargneront pas de la haine. Ils vous tuerons juste par leurs mots. Leurs actes imcompréhensible à vos yeux. Vous chercherez à les comprendre, mais cela ne servirait à rien. Ne cherchez pas à comprendre un être Humain, dans tout les cas. Il part sans calculer son acte. Et ne revient avec regret seulement après. Après qu'il soit trop tard. Oui, trop tard. Triste ? Non, le Monde est Fait ainsi. Et Bill en fait partie. Un salop parmi la foule. Il a voulu de nombreuses fois, se faire pardonner. Il a voulu de nombreuses fois, retrouver Julie. Mais comme Tout homme ou femme, il est dépourvue de Courage. Et maintenant cela n'est plus d'actualité. Aujourd'hui ? Nous sommes le 24 Mai 2008. Deux ans plus tard pour être précis. Deux ans écoulés depuis leur rencontre Et aucun signe de vie. De la part de Julie. Et de la part de Bill. Au fond d'eux, ils y pensent à cette histoire qui les lient. Peut-être trop, d'ailleurs. Mais les Hasards font Bien des choses. C'était déjà un Hasard de se rencontrer dans une Boutique à Hambourg en Allemagne. Alors pourquoi pas dans une rue en plein c½ur de New York, aux États-Unis ? Je vous répéterais bien, pourquoi pas ?
Je sors de la boulangerie, une baguette à la main et un bouquin dans l'autre. Pas n'importe quel bouquin. Eh oui ! J'ai enfin réussi à me trouver un éditeur. Cela fait bien quelques mois, que j'ai publié deux livres autobiographiques. Des bonnes comme des mauvaises critiques me sont parvenus. Ce qui est tout a fait normal, mais c'est grâce à ces lecteurs que j'ai pu me reconstruire une seconde fois. Une nouvelle fois. Et cette fois-ci à New-York. Une Belle Ville peuplé de gens aussi farfelus les uns que les autres. J'ai mis du temps à prendre mes repères. Finalement j'y suis arrivé. Cela n'a pas été facile avec la quantités d'embrouilles que j'ai accumulé. Sans oublier cette histoire dont je ne citerais pas le nom de la personne concernée. Pourtant je me suis battue. Battue contre cette haine. Contre lui. Et me voilà, changer. Souriante ? Oui mais toujours amèrement. Pourquoi ? Car j'ai encore ses sentiments, son visage, ses mots, ses actes dans ma mémoire. En moi. Cela ne partira jamais. Alors je fais avec. Peut-être que ça devait se finir comme ça. J'en sais rien. Aujourd'hui, je suis seule et il n'est plus là. Il ne sera plus là. Je l'ai fuis pourtant défois j'espère le croiser. Juste le croiser. Mais une espérance trompeuse semblant à sa trahison injustifiée.
- Mais où Je vais ?!
Éprise par ses pensées, elle n'a pas fait attention à la direction qu'elle doit prendre pour rentrer chez elle. Au lieu de tourner à droite, évidement elle a pris à gauche.
- Y'a des moments où Je m'arroserais la tronche pour me réveiller
A la minute où elle se tourne, Julie percute une silhouette familière...
Le hasard permet de rattraper nos actes passés.
- Vous ne pouvez pas faire at...
Mon sang se glace, ma respiration s'arrête et mon corps se fige au moment où mes yeux croisent son regard. Le sien. Au contour marron foncé. A la pupille noir. A l'½il profond et enivrant. Un regard unique. Unique comme lui. Comme Bill.
Les mots ne passent pas. Les gestes ne réagissent pas. Les pensées. Les souvenirs défilent juste dans leur tête en même temps que leurs yeux parcourent chaque parcelle de leurs peaux.
Mes lèvres tremblent. Mes mains sont moites. Et mes jambes stagnent. Je suis bloqué. Mon esprit est complètement bloqué. Bloqué par elle. Par Julie. Après un an, comment est-ce possible ? Après un an de semblant de vie sans elle, comment cela peut-il arrivé ? L'avoir en face de moi alors que j'ai tellement espéré la revoir.
Une larme coule alors sur la joue droite de Julie. Lentement. Très lentement. Une larme infinie de bonheur tant attendu. Un bonheur de le retrouver devant elle malgré tout cette haine. Malgré tout ce dégoût qu'elle a pu ressentir. Malgré cette tromperie encore gravée dans sa mémoire.
Malgré le malheur des mauvais souvenirs avec lui. Car la colère ne dépassera Jamais l'amour envers une personne. Jamais, on peut en être sûr. Peut-être est-ce pour cela qu'on pardonne facilement ? Oui, peut-être. Aimé tellement une personne à en mourir c'est si affreux, horrible qu'on en veut toujours encore. Encore et encore des moments avec cette personne. Et Julie en veut inlassablement de ces moments avec Bill, en repensant au passé.
D'un pas indécis, Je m'avance vers son corps si frêle. Si beau. Si parfait. Seulement ses cheveux ont changé, coupés en un carré allongé avec une frange droite. Le reste est là. Le même sourire enfantin. La même élégance vestimentaire. La même expression si douce de son visage. Et ses yeux qui me pénètrent. Qui me parlent sans mots. Qui me troublent comme au premier Jour.
A son action, Je recule plein de méfiance et d'hésitation. Mélangé à de l'envie et du bonheur. Je ne sais pas. Je ne sais plus quoi faire. Étant au pied du mur. Sans moyen de fuir. Sans moyen de lui échapper. Échapper à ce frisson qu'il me procure. Il m'a fait mal. Il m'a tué mais les sentiments sont restés. Sont là. Ici. En moi. Pour l'éternité ? Sûrement. Je n'ai Jamais aimé autant quelqu'un. A part lui. A part Bill. Je l'aime comme la Neige ne peut pas se passer du froid pour exister. Je l'aime comme les humains ne peuvent pas se passer de l'oxygène pour respirer. Je l'aime comme les végétaux ne peuvent pas se passer de l'eau pour pousser, grandir. Je l'aime comme les oiseaux ne peuvent pas se passer d'aile pour voler. Je l'aime comme la vie ne peut pas se passer de la mort pour finir son Cycle. Un amour indescriptible. Je peux le dire. Il est indescriptible. Fort. Trop pour ma tête. Trop pour mon corps. Trop pour mon c½ur.
Le premier geste est Toujours le plus dure. Mais une fois le capte passé, tout reprend à zéro. Chiffre rond désiré par tant d'hommes pour recommencer une vie. Une relation. Un amour.
Je respire profondément, le c½ur serré. Mon regard attacher au sien depuis le début. Ma bouche s'ouvre alors pour former des phrases dans un murmure.
- Si seulement, J'avais su avoir les mots pour te récupérer. Si seulement, Je m'étais rendu compte avant de te perdre, la chance que j'avais de t'avoir. Si seulement, J'avais pu me retenir de faire cette connerie, pour ne pas te revoir partir. Si seulement, J'avais eu le courage de revenir vers toi avant qu'il soit trop tard. Comme maintenant. Si seulement J'aurais su t'aimer comme tu l'as fait. Si seulement, Julie...
Souvent, on ne mesure pas la force de nos actes. De nos paroles.
Tout est abstrait autour de moi. Tout est sans importance. Tout est invisible à mes yeux. Ces passants dans la rue. Ces bruits de Klaxons. Ces gouttes de pluies me glaçant la peau. Ces cries de Gens pressés. Plus rien. Non plus rien n'existe. A part ses Mots. A part lui. A part Bill. J'ai tellement attendu ce moment. Le moment où il me dirait ces phrases. Pas n'importe lesquelles mais les siennes. Les siennes venant du C½ur. De son c½ur à Lui. Pas à quelqu'un d'autre mais à lui.
Une larme coule alors inlassablement sur la Joue fine de Julie. Une larme se mêlant à la pluie mais restant différente de toutes les autres gouttes. Est-ce une larme de peine ? Non, seulement une larme d'amour retrouvé. Un amour laissé sur place mais repris après un an d'absence. A cet instant, vous ne pouvez même pas imaginer le Bonheur qui traverse le corps de Julie. Le bonheur de laisser le passée derrière soi et de pouvoir enfin avancer. Ce que Bill a fait, cela ne s'oubliera pas. Jamais. Mais lorsqu'une personne sait pardonner les péchés des autres, qu'ils soient dures ou insignifiants, elle pourra prendre son avenir en main et ne pas se baser sur la haine envers eux. Car ce qui nous empêche d'avancer, ce ne sont pas les erreurs de notre entourage mais la haine, la déception que nous avons pour eux dans certains instants de notre vie. Vous savez, ne pas trouver le Grand amour n'est pas la pire des choses d'être sur Terre. La pire, c'est d'être déçu et de décevoir tout le monde. Julie surmontera-t-elle la Colère du passé ? Peut-être que oui. Peut-être que non.
Je reste là. A attendre. A attendre un de ses mots. Un de ses gestes. Un de ses regards confiants d'autrefois. Je n'attends plus qu'un retour. Va-t-elle faire le second pas ? Je ne sais pas. Je doute. J'ai peur d'un refus. J'ai peur d'être déçu à mon tour. Déçu de ne plus avoir de chance avec Elle. Elle, que J'ai trompé. Mais Je regrette. Je regrette tout. Je voudrais recommencer à zéro. Je voudrais donner bien plus que ce que J'ai déjà reçu de sa part. La connerie, elle est faite. J'aimerais Juste la rattraper. Encore faut-il qu'elle m'en laisse le choix. Seulement le choix de revenir vers moi, c'est elle qui l'a. Non moi.
Ma gorge se sert et mes lèvres frigorifiées par la pluie tremblent. J'hésite à écouter mon c½ur plutôt que ma logique. Pourtant, Je ne devrais pas hésiter. Je l'aime et rien ni personne ne me fera changer de sentiments.
- Et si on allait boire un chocolat chaud pour se réchauffer ?
La circulation de mon sang s'accélère au son de sa voix. Une voix que je n'avais pas entendu depuis bien longtemps. Trop longtemps. Une voix douce et rassurante. Comme ses paroles. Ses paroles accompagnés d'un sourire en coin.
- Oui, Je te suis
D'un acte simple, Julie prend la main de Bill par surprise. Leurs doigts s'entremêlant et se serrant fort. Si fort à s'en briser les phalanges. Si fort pour ne plus se perdre. Pour ne plus s'éloigner. Pour ne plus se séparer. Pour ne plus être désunis.
Je frisonne de plaisir au contact de sa peau. De plaisir revenu. C'est alors qu'elle m'entraîne dans la foule, ne me lâchant pas une seconde. Non pas une seconde, elle n'a délaissé ma main. Ni elle. Ni moi. Jusqu'à ce qu'on arrive à un café, au coin d'une rue.
Je détache mes doigts des siens et ouvre la porte dans un sonnement de cloche annonçant notre venue. Là, Je repère une table, dis Bonjour à Jo le patron du café, et vais m'installer sur une chaise. Suivit d'un Bill silencieux mais souriant.
- Quel temps de chien ! Je suis sûr qu'il fait plus chaud à Hambourg qu'ici
Je l'observe passer ses mains dans ses cheveux pour les égoutter avec délicatesse. En même temps, j'enlève ma veste trempé, la posant sur le dossier et m'assoie.
- A vrai dire, je ne peux pas te dire s'il fait plus chaud ou non car cela fait des mois que Je suis partie d'Allemagne
A sa phrase, Je cligne des yeux, étonnée par ce qu'il vient de dire.
- Tu as déménagé ? Et ta famille alors ?
Un sourire se dessine une nouvelle fois sur mon visage. Savoir qu'elle s'intéresse à moi, me met du baume au c½ur.
- Non, on est en tournée dans toute l'Europe. Et là on passe Juste un moment de vacances avant de reprendre cette course effrénée
- Une tournée avec Gustav, Georg et Tom ? Mais... Mais c'est Génial ! Depuis quand ça marche ?
Je racle ma voix.
- De... Depuis que tu es partie...
Je détourne les yeux, un pincement au c½ur.
Au bon moment, Jo se ramène avec un plateau pour commander.
- Je vois que tu es en bonne compagnie Julie
Il me fait un clin d'½il, ce qui me vaut un léger rire.
- Bon eh bien, Je vous sert quoi, Jeunes Gens ?
- Un café au lait sans sucre pour Bill et un chocolat chaud pour moi, comme d'habitude
- C'est la force de l'habitude qui nous habitue
Il regarde Julie d'un air complice puis part en direction du service. A vrai dire, Il sait tout d'elle. Un confident ? Oui. Il l'a aidé et a apporté de la tendresse lorsque Bill l'a laissé tomber. C'est en partie grâce à lui, qu'elle s'est relevé petit à petit. Et c'est grâce à des personnes comme lui, qu'on prend conscience qu'on est jamais seule face au malheur.
- Tu te rappelles encore des boissons que j'ai l'habitude de consommer ?
Je joigne mes mains sur la table ronde, en verre.
- Oui, Je n'ai rien oublié de toi
Je passe la main sur mon front avant de la poser sur la table, à mon tour.
- Moi... Moi non plus...
Je regarde sa deuxième main se mettre aussi sur le meuble.
- Vraiment ? Je n'en ai pas eu l'impression cette année. Aucune nouvelle de toi. Aucune
Je rapproche mes doigts vers les siens.
- Je n'ai pas eu le courage, Julie. Je ne l'ai Jamais eu aussi égoïste que Je suis
Un frisson se fait sentir au frôlement de son index sur mon pouce.
- L'égoïsme n'a rien à voir là-dedans. Je te demandais ne serait-ce qu'une lettre. Mais rien n'est arrivé. Combien de fois j'ai espéré t'avoir au pied de ma porte. Combien de fois j'ai espéré retrouvé un mot de ta part dans ma boite à lettre. Combien de fois j'ai espéré entendre ta voix au téléphone. Combien de fois ? Je ne sais pas. Ce que Je sais, c'est que Rien. Rien ne m'est parvenu
Au moment d'enlacer ses doigts dans les miens, deux tasses viennent se poser entre nos mains.
- Merci...
Un Silence s'installe avant que Jo parte.
- J'aurais voulu le faire mais je reculais à chaque fois. Je reculais par la peur d'être rejeté. Par la peur de tes mots
Je bois une gorgée puis dépose la tasse sourdement.
- Te rejeter Bill ? Mais quel idée ! Je... Je tiens trop à toi pour t'envoyer chier. Même après ce que tu m'a fais, je n'ai jamais pu éteindre l'amour que j'ai pour toi. A croire qu'il est plus fort que la haine
Je m'essuie les lèvres d'un revers de serviette en papier.
- Tu me hais ?
Je croise ses yeux, manquant de renverser le chocolat chaud.
- Plus maintenant
- ...Tu... Tu m'aimes ?...
J'accroche son regard avant de répondre :
- Je n'ai jamais cesser, Bill
Les battements de mon c½ur s'accentuent à sa réplique. Elle m'aime encore. Oui, encore.
- Mais Je n'ai plus confiance toi
- Je... Non rien...
- Non, dit
- Je voudrais une seconde chance de rattraper ce que j'ai brisé. Une seconde chance de pouvoir te prendre dans mes bras. De pouvoir te toucher. Caresser ta peau. T'embrasser. Te parler de tout et de rien. Je voudrais une seconde chance pour ce nous que j'ai anéanti, il y a un an. Ne serait-ce qu'une minute de plus...
Je devis son regard, une fois de plus. Troublée. Troublée par lui et ses putains de mots que J'attendais. Et que je viens d'entendre. Recommencer pour mieux souffrir après ? Oui, si c'est pour souffrir d'un amour intense. Je le ferais. Je le referais. Je lui laisserai cette seconde chance malgré la peur d'être trompée une nouvelle fois. Malgrè ce passé chargé. Malgrè ce manque de confiance. Malgrè tout le reste.
- Ce ne sera pas qu'une minute de plus mais toute ma vie...
On est majeur à Dix-Huit ans. On a le code à Seize ans. On a le droit d'entrer en boite à Vintg et un ans. On est à la retraite à soixante ans. Presque Tout est à l'âge légal. Presque Tout sauf le Grand amour. Lui, il n'a pas d'âge.
Comment dire Adieu à une personne sans la blesser ? Comment rester indifférent face à ce dernier Aurevoir ? Comment ne plus l'aimer après tant de souffrance ? Comment ne pas l'haïr lorsqu'elle vous oublie ? Comment tenir sa promesse d'être l'ombre de sa vie sans être dégoûté ? Tant de questions dans un corps. Tant de questions dans un c½ur. Tant de questions dans une tête. Est-ce trop ? Non, ce n'est Jamais assez pour baisser les bras. Car même lorsque vous n'en voulez pas. Même lorsque vous ne le voyez pas. Cette espoir est là. Toujours là. Quelque part en vous, il reste sagement à sa place. Il reste quand le désespoir. Quand la Haine. Quand la peine, vous ronge jusqu'aux ongles. Jusqu'à la chair. Jusqu'au sang. La peine d'être évincé de sa vie. La haine de continuer à penser à cette Histoire qui fait du mal. Qui fait trop de Mal. Alors vous attendez dans le désespoir. Dans le silence. Dans l'ombre. Vous attendez que ce cauchemars cesse. Vous attendez chaque Jour qu'elle revienne. Vous attendez chaque Jour qu'elle vous pardonne. Mais, non. Vous le savez. Vous le savez depuis la date où elle vous a quitté, qu'elle ne reviendra pas. Qu'elle ne reviendra plus Jamais. C'est à cette prise de conscience que chaque Matin, vous n'avez plus la force de vous relever. Que chaque Journée, votre sourire est Faux. Que votre Joie de vivre est vide. Que chaque soir, vous pleurez jusqu'à n'en plus finir. Et cela pour un temps indéterminé. Le temps que vous mettrez à l'oublier. Pourtant cet espoir reste. Oui, il reste parmi toute cette ranc½ur. Mais vous me direz, quel espoir ? Je vous répondrai : celui d'apprendre à revivre. Celui d'apprendre à se relever. Celui d'apprendre à re-sourire. Celui d'apprendre à refaire confiance. Mais surtout celui d'apprendre à re-aimer. A re-aimer quelqu'un d'autre. Ou à re-aimer la même personne qui est revenu après des mois d'attente. Après des années de patience. Car même si elle vous a trahit, vous a tué. Vous a achevé. L'important est qu'elle vous retend la main avec cette même sensation. Cette même sensation d'amour. Et ce pardon. Lorsque vous saurez reconnaître l'important d'une histoire. Vous saurez aimer démesurément. Vous saurez aimer dans la Joie comme dans la peine. Vous saurez aimer dans la richesse comme dans la pauvreté. Vous saurez aimer à la vie comme à la mort. Et Bill & Julie ont ce savoir. Que dire quand c'est comme cela ? Rien mise à part admirer. Respecter. Se taire.
Je tend mon bras à travers la fenêtre de la portière ouverte, et appuie sur le Bip de la clé pour ouvrir le Grand portail blanc électrique.
Je regarde alors, assis sur le siège passager de la Mercedes noire, l'extérieur. Pendant qu'elle engage doucement sa voiture dans l'allée de gravier blanc, mes yeux s'ébahissent à la vue de sa Demeure. Une Demeure immense, en Crépis assez clair. Aux multiples Fenêtres et Balcons bâtis sur Trois étages. A une Porte d'entrée double battante, d'une couleur rouge. Et au Gazon bien tondu, disposé de chaque côté de l'allée. Décoré par des fleurs exotiques. Sans oublier, un magnifique lierre qui serpente la façade la Villa.
- C'est... C'est impressionnant...
Je souris à sa réplique en arrêtant le moteur de la Bagnole garée sur le devant du Pavillon. Et dans un élan, Je descend. Ravis de lui montrer mon Nouveau chez-moi.
- Reste pas dehors. Entre
D'un pas enfantin, Je la suit. La tête rivé vers le haut, admiratif. Peut-être trop admiratif au point de louper la marche menant à l'entrée.
- Fais attention, Banane
Je laisse échapper un rire à son insulte.
- Je vois que tes insultes sont toujours aussi Originales
Je lève les yeux en l'air sans répondre. Puis referme la porte derrière lui.
- Bon, voici le Hall
Deux escaliers situés à Gauche et à droite, se rejoignent dans un couloir en haut, ouvert vers le bas. Au centre de la pièce, règne un carrelage éclatant. Sans tapis. Sans meubles. Juste un porte manteau et un Grand tableau représentant un Ange. Êtes-vous déjà entrés dans un Hôtel ? Eh bien, pour moi, c'est la même chose.
- Ça te gêne pas, si Je te lâche dans une chambre. J'ai mon éditeur à appeler
- Non, pas du tout. Faut juste que tu me montres où sont les chambres
Je rigole.
- C'est vrai que ça peut ressembler à un labyrinthe
Bill et Julie montent au premier étage. Ils prennent par la suite le long couloir de gauche. Et, après être passé devant de nombreuses portes fermés, elle en ouvre une. Laissant place à une pièce lumineuse et spacieuse. Remplis par un lit deux places en bois de chênes. Par deux tables de nuit. Et une penderie.
- Voilà, la chambre d'amis. Bon, Je reviens...
Je la laisse partir sans rien dire. Sachant que Je la retrouverai après. Je décide alors de tirer les rideaux pour laisser pénétrer la lumière de la lune dans la salle. Je me retourne , et ne savant pas quoi Faire, ouvre la penderie.
- Je pourrais presque mettre toute ma Garde-robe
Sans faire attention, il repousse machinalement la porte coulissante pour la refermer. Mais quelque chose coince vers l'étagère du haut. Il ré-ouvre donc et recule instinctivement avant que le carton ne lui tombe dessus.
- C'est pas le moment de me faire assommer. Tiens, c'est quoi ?
Je m'accroupis en face du carton et, après un instant d'hésitation, arrache délicatement le scotche. Une intuition me dis que Je ne devrais pas. Mais comment ne pas résister ? J'écarte ensuite les quatre coins et découvre une lignée d'enveloppes, extrêmement bien rangées. Ne voulant pas m'arrêter là, Je prend la première au fond. Et lis au dos :
Mr Kaulitz Bill
ABBEY Road NW8
City Of Westminster
Une question traverse alors mon esprit.
- Une lettre non envoyée à mon adresse ?
Dans la vie, on apprend qu'on ne peut pas vivre sans certaines personnes.
Blanc : récit
Rose : Julie
Rouge : Bill
Jaune : divers
Bleu moyen : Tom
Vert : Gustav
Bleu clair : Georg
Orange : Andréas
La haine, un étrange sentiment que l'on ressent tous pour une personne en particulier. Un sentiment pas si différent de l'amour. A croire que parfois, ou même souvent, ils ne font qu'un. Aimer et détester étant deux émotions fortes. Trop fortes. Elles peuvent vous détruire en un rien de temps. Elles peuvent vous changer en une fraction de seconde. C'est si facile de passer de l'amour à l'haine. Si facile mais pourtant si dure à s'en échapper. A oublier. Toutes les erreurs. Tout les choix. Toutes les conneries. On ne pourra Jamais les oublier. Non, Jamais. C'est encrée en nous, en vous comme ce sentiment haineux dont on veut se débarrasser. Pourquoi certaines personnes veulent se libérer de leur colère envers d'autres ? Tout simplement parce que ce sentiment les relie à quelqu'un. A quelqu'un qu'ils veulent effacer de leur présent. Mais vous savez, oublier une personne aimée, c'est demander l'impossible. Au fil des années, elle restera toujours là. Ici. Quelque part. Près de vous. Car, sans vous en rendre compte, chaque rencontre marque un point précis dans votre vie. Chaque personne marque une place dans votre c½ur. Certains vous apaiseront. Vous feront rire. Quand à d'autres, ils ne vous épargneront pas de la haine. Ils vous tuerons juste par leurs mots. Leurs actes imcompréhensible à vos yeux. Vous chercherez à les comprendre, mais cela ne servirait à rien. Ne cherchez pas à comprendre un être Humain, dans tout les cas. Il part sans calculer son acte. Et ne revient avec regret seulement après. Après qu'il soit trop tard. Oui, trop tard. Triste ? Non, le Monde est Fait ainsi. Et Bill en fait partie. Un salop parmi la foule. Il a voulu de nombreuses fois, se faire pardonner. Il a voulu de nombreuses fois, retrouver Julie. Mais comme Tout homme ou femme, il est dépourvue de Courage. Et maintenant cela n'est plus d'actualité. Aujourd'hui ? Nous sommes le 24 Mai 2008. Deux ans plus tard pour être précis. Deux ans écoulés depuis leur rencontre Et aucun signe de vie. De la part de Julie. Et de la part de Bill. Au fond d'eux, ils y pensent à cette histoire qui les lient. Peut-être trop, d'ailleurs. Mais les Hasards font Bien des choses. C'était déjà un Hasard de se rencontrer dans une Boutique à Hambourg en Allemagne. Alors pourquoi pas dans une rue en plein c½ur de New York, aux États-Unis ? Je vous répéterais bien, pourquoi pas ?
Je sors de la boulangerie, une baguette à la main et un bouquin dans l'autre. Pas n'importe quel bouquin. Eh oui ! J'ai enfin réussi à me trouver un éditeur. Cela fait bien quelques mois, que j'ai publié deux livres autobiographiques. Des bonnes comme des mauvaises critiques me sont parvenus. Ce qui est tout a fait normal, mais c'est grâce à ces lecteurs que j'ai pu me reconstruire une seconde fois. Une nouvelle fois. Et cette fois-ci à New-York. Une Belle Ville peuplé de gens aussi farfelus les uns que les autres. J'ai mis du temps à prendre mes repères. Finalement j'y suis arrivé. Cela n'a pas été facile avec la quantités d'embrouilles que j'ai accumulé. Sans oublier cette histoire dont je ne citerais pas le nom de la personne concernée. Pourtant je me suis battue. Battue contre cette haine. Contre lui. Et me voilà, changer. Souriante ? Oui mais toujours amèrement. Pourquoi ? Car j'ai encore ses sentiments, son visage, ses mots, ses actes dans ma mémoire. En moi. Cela ne partira jamais. Alors je fais avec. Peut-être que ça devait se finir comme ça. J'en sais rien. Aujourd'hui, je suis seule et il n'est plus là. Il ne sera plus là. Je l'ai fuis pourtant défois j'espère le croiser. Juste le croiser. Mais une espérance trompeuse semblant à sa trahison injustifiée.
- Mais où Je vais ?!
Éprise par ses pensées, elle n'a pas fait attention à la direction qu'elle doit prendre pour rentrer chez elle. Au lieu de tourner à droite, évidement elle a pris à gauche.
- Y'a des moments où Je m'arroserais la tronche pour me réveiller
A la minute où elle se tourne, Julie percute une silhouette familière...
Le hasard permet de rattraper nos actes passés.
- Vous ne pouvez pas faire at...
Mon sang se glace, ma respiration s'arrête et mon corps se fige au moment où mes yeux croisent son regard. Le sien. Au contour marron foncé. A la pupille noir. A l'½il profond et enivrant. Un regard unique. Unique comme lui. Comme Bill.
Les mots ne passent pas. Les gestes ne réagissent pas. Les pensées. Les souvenirs défilent juste dans leur tête en même temps que leurs yeux parcourent chaque parcelle de leurs peaux.
Mes lèvres tremblent. Mes mains sont moites. Et mes jambes stagnent. Je suis bloqué. Mon esprit est complètement bloqué. Bloqué par elle. Par Julie. Après un an, comment est-ce possible ? Après un an de semblant de vie sans elle, comment cela peut-il arrivé ? L'avoir en face de moi alors que j'ai tellement espéré la revoir.
Une larme coule alors sur la joue droite de Julie. Lentement. Très lentement. Une larme infinie de bonheur tant attendu. Un bonheur de le retrouver devant elle malgré tout cette haine. Malgré tout ce dégoût qu'elle a pu ressentir. Malgré cette tromperie encore gravée dans sa mémoire.
Malgré le malheur des mauvais souvenirs avec lui. Car la colère ne dépassera Jamais l'amour envers une personne. Jamais, on peut en être sûr. Peut-être est-ce pour cela qu'on pardonne facilement ? Oui, peut-être. Aimé tellement une personne à en mourir c'est si affreux, horrible qu'on en veut toujours encore. Encore et encore des moments avec cette personne. Et Julie en veut inlassablement de ces moments avec Bill, en repensant au passé.
D'un pas indécis, Je m'avance vers son corps si frêle. Si beau. Si parfait. Seulement ses cheveux ont changé, coupés en un carré allongé avec une frange droite. Le reste est là. Le même sourire enfantin. La même élégance vestimentaire. La même expression si douce de son visage. Et ses yeux qui me pénètrent. Qui me parlent sans mots. Qui me troublent comme au premier Jour.
A son action, Je recule plein de méfiance et d'hésitation. Mélangé à de l'envie et du bonheur. Je ne sais pas. Je ne sais plus quoi faire. Étant au pied du mur. Sans moyen de fuir. Sans moyen de lui échapper. Échapper à ce frisson qu'il me procure. Il m'a fait mal. Il m'a tué mais les sentiments sont restés. Sont là. Ici. En moi. Pour l'éternité ? Sûrement. Je n'ai Jamais aimé autant quelqu'un. A part lui. A part Bill. Je l'aime comme la Neige ne peut pas se passer du froid pour exister. Je l'aime comme les humains ne peuvent pas se passer de l'oxygène pour respirer. Je l'aime comme les végétaux ne peuvent pas se passer de l'eau pour pousser, grandir. Je l'aime comme les oiseaux ne peuvent pas se passer d'aile pour voler. Je l'aime comme la vie ne peut pas se passer de la mort pour finir son Cycle. Un amour indescriptible. Je peux le dire. Il est indescriptible. Fort. Trop pour ma tête. Trop pour mon corps. Trop pour mon c½ur.
Le premier geste est Toujours le plus dure. Mais une fois le capte passé, tout reprend à zéro. Chiffre rond désiré par tant d'hommes pour recommencer une vie. Une relation. Un amour.
Je respire profondément, le c½ur serré. Mon regard attacher au sien depuis le début. Ma bouche s'ouvre alors pour former des phrases dans un murmure.
- Si seulement, J'avais su avoir les mots pour te récupérer. Si seulement, Je m'étais rendu compte avant de te perdre, la chance que j'avais de t'avoir. Si seulement, J'avais pu me retenir de faire cette connerie, pour ne pas te revoir partir. Si seulement, J'avais eu le courage de revenir vers toi avant qu'il soit trop tard. Comme maintenant. Si seulement J'aurais su t'aimer comme tu l'as fait. Si seulement, Julie...
Souvent, on ne mesure pas la force de nos actes. De nos paroles.
Tout est abstrait autour de moi. Tout est sans importance. Tout est invisible à mes yeux. Ces passants dans la rue. Ces bruits de Klaxons. Ces gouttes de pluies me glaçant la peau. Ces cries de Gens pressés. Plus rien. Non plus rien n'existe. A part ses Mots. A part lui. A part Bill. J'ai tellement attendu ce moment. Le moment où il me dirait ces phrases. Pas n'importe lesquelles mais les siennes. Les siennes venant du C½ur. De son c½ur à Lui. Pas à quelqu'un d'autre mais à lui.
Une larme coule alors inlassablement sur la Joue fine de Julie. Une larme se mêlant à la pluie mais restant différente de toutes les autres gouttes. Est-ce une larme de peine ? Non, seulement une larme d'amour retrouvé. Un amour laissé sur place mais repris après un an d'absence. A cet instant, vous ne pouvez même pas imaginer le Bonheur qui traverse le corps de Julie. Le bonheur de laisser le passée derrière soi et de pouvoir enfin avancer. Ce que Bill a fait, cela ne s'oubliera pas. Jamais. Mais lorsqu'une personne sait pardonner les péchés des autres, qu'ils soient dures ou insignifiants, elle pourra prendre son avenir en main et ne pas se baser sur la haine envers eux. Car ce qui nous empêche d'avancer, ce ne sont pas les erreurs de notre entourage mais la haine, la déception que nous avons pour eux dans certains instants de notre vie. Vous savez, ne pas trouver le Grand amour n'est pas la pire des choses d'être sur Terre. La pire, c'est d'être déçu et de décevoir tout le monde. Julie surmontera-t-elle la Colère du passé ? Peut-être que oui. Peut-être que non.
Je reste là. A attendre. A attendre un de ses mots. Un de ses gestes. Un de ses regards confiants d'autrefois. Je n'attends plus qu'un retour. Va-t-elle faire le second pas ? Je ne sais pas. Je doute. J'ai peur d'un refus. J'ai peur d'être déçu à mon tour. Déçu de ne plus avoir de chance avec Elle. Elle, que J'ai trompé. Mais Je regrette. Je regrette tout. Je voudrais recommencer à zéro. Je voudrais donner bien plus que ce que J'ai déjà reçu de sa part. La connerie, elle est faite. J'aimerais Juste la rattraper. Encore faut-il qu'elle m'en laisse le choix. Seulement le choix de revenir vers moi, c'est elle qui l'a. Non moi.
Ma gorge se sert et mes lèvres frigorifiées par la pluie tremblent. J'hésite à écouter mon c½ur plutôt que ma logique. Pourtant, Je ne devrais pas hésiter. Je l'aime et rien ni personne ne me fera changer de sentiments.
- Et si on allait boire un chocolat chaud pour se réchauffer ?
La circulation de mon sang s'accélère au son de sa voix. Une voix que je n'avais pas entendu depuis bien longtemps. Trop longtemps. Une voix douce et rassurante. Comme ses paroles. Ses paroles accompagnés d'un sourire en coin.
- Oui, Je te suis
D'un acte simple, Julie prend la main de Bill par surprise. Leurs doigts s'entremêlant et se serrant fort. Si fort à s'en briser les phalanges. Si fort pour ne plus se perdre. Pour ne plus s'éloigner. Pour ne plus se séparer. Pour ne plus être désunis.
Je frisonne de plaisir au contact de sa peau. De plaisir revenu. C'est alors qu'elle m'entraîne dans la foule, ne me lâchant pas une seconde. Non pas une seconde, elle n'a délaissé ma main. Ni elle. Ni moi. Jusqu'à ce qu'on arrive à un café, au coin d'une rue.
Je détache mes doigts des siens et ouvre la porte dans un sonnement de cloche annonçant notre venue. Là, Je repère une table, dis Bonjour à Jo le patron du café, et vais m'installer sur une chaise. Suivit d'un Bill silencieux mais souriant.
- Quel temps de chien ! Je suis sûr qu'il fait plus chaud à Hambourg qu'ici
Je l'observe passer ses mains dans ses cheveux pour les égoutter avec délicatesse. En même temps, j'enlève ma veste trempé, la posant sur le dossier et m'assoie.
- A vrai dire, je ne peux pas te dire s'il fait plus chaud ou non car cela fait des mois que Je suis partie d'Allemagne
A sa phrase, Je cligne des yeux, étonnée par ce qu'il vient de dire.
- Tu as déménagé ? Et ta famille alors ?
Un sourire se dessine une nouvelle fois sur mon visage. Savoir qu'elle s'intéresse à moi, me met du baume au c½ur.
- Non, on est en tournée dans toute l'Europe. Et là on passe Juste un moment de vacances avant de reprendre cette course effrénée
- Une tournée avec Gustav, Georg et Tom ? Mais... Mais c'est Génial ! Depuis quand ça marche ?
Je racle ma voix.
- De... Depuis que tu es partie...
Je détourne les yeux, un pincement au c½ur.
Au bon moment, Jo se ramène avec un plateau pour commander.
- Je vois que tu es en bonne compagnie Julie
Il me fait un clin d'½il, ce qui me vaut un léger rire.
- Bon eh bien, Je vous sert quoi, Jeunes Gens ?
- Un café au lait sans sucre pour Bill et un chocolat chaud pour moi, comme d'habitude
- C'est la force de l'habitude qui nous habitue
Il regarde Julie d'un air complice puis part en direction du service. A vrai dire, Il sait tout d'elle. Un confident ? Oui. Il l'a aidé et a apporté de la tendresse lorsque Bill l'a laissé tomber. C'est en partie grâce à lui, qu'elle s'est relevé petit à petit. Et c'est grâce à des personnes comme lui, qu'on prend conscience qu'on est jamais seule face au malheur.
- Tu te rappelles encore des boissons que j'ai l'habitude de consommer ?
Je joigne mes mains sur la table ronde, en verre.
- Oui, Je n'ai rien oublié de toi
Je passe la main sur mon front avant de la poser sur la table, à mon tour.
- Moi... Moi non plus...
Je regarde sa deuxième main se mettre aussi sur le meuble.
- Vraiment ? Je n'en ai pas eu l'impression cette année. Aucune nouvelle de toi. Aucune
Je rapproche mes doigts vers les siens.
- Je n'ai pas eu le courage, Julie. Je ne l'ai Jamais eu aussi égoïste que Je suis
Un frisson se fait sentir au frôlement de son index sur mon pouce.
- L'égoïsme n'a rien à voir là-dedans. Je te demandais ne serait-ce qu'une lettre. Mais rien n'est arrivé. Combien de fois j'ai espéré t'avoir au pied de ma porte. Combien de fois j'ai espéré retrouvé un mot de ta part dans ma boite à lettre. Combien de fois j'ai espéré entendre ta voix au téléphone. Combien de fois ? Je ne sais pas. Ce que Je sais, c'est que Rien. Rien ne m'est parvenu
Au moment d'enlacer ses doigts dans les miens, deux tasses viennent se poser entre nos mains.
- Merci...
Un Silence s'installe avant que Jo parte.
- J'aurais voulu le faire mais je reculais à chaque fois. Je reculais par la peur d'être rejeté. Par la peur de tes mots
Je bois une gorgée puis dépose la tasse sourdement.
- Te rejeter Bill ? Mais quel idée ! Je... Je tiens trop à toi pour t'envoyer chier. Même après ce que tu m'a fais, je n'ai jamais pu éteindre l'amour que j'ai pour toi. A croire qu'il est plus fort que la haine
Je m'essuie les lèvres d'un revers de serviette en papier.
- Tu me hais ?
Je croise ses yeux, manquant de renverser le chocolat chaud.
- Plus maintenant
- ...Tu... Tu m'aimes ?...
J'accroche son regard avant de répondre :
- Je n'ai jamais cesser, Bill
Les battements de mon c½ur s'accentuent à sa réplique. Elle m'aime encore. Oui, encore.
- Mais Je n'ai plus confiance toi
- Je... Non rien...
- Non, dit
- Je voudrais une seconde chance de rattraper ce que j'ai brisé. Une seconde chance de pouvoir te prendre dans mes bras. De pouvoir te toucher. Caresser ta peau. T'embrasser. Te parler de tout et de rien. Je voudrais une seconde chance pour ce nous que j'ai anéanti, il y a un an. Ne serait-ce qu'une minute de plus...
Je devis son regard, une fois de plus. Troublée. Troublée par lui et ses putains de mots que J'attendais. Et que je viens d'entendre. Recommencer pour mieux souffrir après ? Oui, si c'est pour souffrir d'un amour intense. Je le ferais. Je le referais. Je lui laisserai cette seconde chance malgré la peur d'être trompée une nouvelle fois. Malgrè ce passé chargé. Malgrè ce manque de confiance. Malgrè tout le reste.
- Ce ne sera pas qu'une minute de plus mais toute ma vie...
On est majeur à Dix-Huit ans. On a le code à Seize ans. On a le droit d'entrer en boite à Vintg et un ans. On est à la retraite à soixante ans. Presque Tout est à l'âge légal. Presque Tout sauf le Grand amour. Lui, il n'a pas d'âge.
Comment dire Adieu à une personne sans la blesser ? Comment rester indifférent face à ce dernier Aurevoir ? Comment ne plus l'aimer après tant de souffrance ? Comment ne pas l'haïr lorsqu'elle vous oublie ? Comment tenir sa promesse d'être l'ombre de sa vie sans être dégoûté ? Tant de questions dans un corps. Tant de questions dans un c½ur. Tant de questions dans une tête. Est-ce trop ? Non, ce n'est Jamais assez pour baisser les bras. Car même lorsque vous n'en voulez pas. Même lorsque vous ne le voyez pas. Cette espoir est là. Toujours là. Quelque part en vous, il reste sagement à sa place. Il reste quand le désespoir. Quand la Haine. Quand la peine, vous ronge jusqu'aux ongles. Jusqu'à la chair. Jusqu'au sang. La peine d'être évincé de sa vie. La haine de continuer à penser à cette Histoire qui fait du mal. Qui fait trop de Mal. Alors vous attendez dans le désespoir. Dans le silence. Dans l'ombre. Vous attendez que ce cauchemars cesse. Vous attendez chaque Jour qu'elle revienne. Vous attendez chaque Jour qu'elle vous pardonne. Mais, non. Vous le savez. Vous le savez depuis la date où elle vous a quitté, qu'elle ne reviendra pas. Qu'elle ne reviendra plus Jamais. C'est à cette prise de conscience que chaque Matin, vous n'avez plus la force de vous relever. Que chaque Journée, votre sourire est Faux. Que votre Joie de vivre est vide. Que chaque soir, vous pleurez jusqu'à n'en plus finir. Et cela pour un temps indéterminé. Le temps que vous mettrez à l'oublier. Pourtant cet espoir reste. Oui, il reste parmi toute cette ranc½ur. Mais vous me direz, quel espoir ? Je vous répondrai : celui d'apprendre à revivre. Celui d'apprendre à se relever. Celui d'apprendre à re-sourire. Celui d'apprendre à refaire confiance. Mais surtout celui d'apprendre à re-aimer. A re-aimer quelqu'un d'autre. Ou à re-aimer la même personne qui est revenu après des mois d'attente. Après des années de patience. Car même si elle vous a trahit, vous a tué. Vous a achevé. L'important est qu'elle vous retend la main avec cette même sensation. Cette même sensation d'amour. Et ce pardon. Lorsque vous saurez reconnaître l'important d'une histoire. Vous saurez aimer démesurément. Vous saurez aimer dans la Joie comme dans la peine. Vous saurez aimer dans la richesse comme dans la pauvreté. Vous saurez aimer à la vie comme à la mort. Et Bill & Julie ont ce savoir. Que dire quand c'est comme cela ? Rien mise à part admirer. Respecter. Se taire.
Je tend mon bras à travers la fenêtre de la portière ouverte, et appuie sur le Bip de la clé pour ouvrir le Grand portail blanc électrique.
Je regarde alors, assis sur le siège passager de la Mercedes noire, l'extérieur. Pendant qu'elle engage doucement sa voiture dans l'allée de gravier blanc, mes yeux s'ébahissent à la vue de sa Demeure. Une Demeure immense, en Crépis assez clair. Aux multiples Fenêtres et Balcons bâtis sur Trois étages. A une Porte d'entrée double battante, d'une couleur rouge. Et au Gazon bien tondu, disposé de chaque côté de l'allée. Décoré par des fleurs exotiques. Sans oublier, un magnifique lierre qui serpente la façade la Villa.
- C'est... C'est impressionnant...
Je souris à sa réplique en arrêtant le moteur de la Bagnole garée sur le devant du Pavillon. Et dans un élan, Je descend. Ravis de lui montrer mon Nouveau chez-moi.
- Reste pas dehors. Entre
D'un pas enfantin, Je la suit. La tête rivé vers le haut, admiratif. Peut-être trop admiratif au point de louper la marche menant à l'entrée.
- Fais attention, Banane
Je laisse échapper un rire à son insulte.
- Je vois que tes insultes sont toujours aussi Originales
Je lève les yeux en l'air sans répondre. Puis referme la porte derrière lui.
- Bon, voici le Hall
Deux escaliers situés à Gauche et à droite, se rejoignent dans un couloir en haut, ouvert vers le bas. Au centre de la pièce, règne un carrelage éclatant. Sans tapis. Sans meubles. Juste un porte manteau et un Grand tableau représentant un Ange. Êtes-vous déjà entrés dans un Hôtel ? Eh bien, pour moi, c'est la même chose.
- Ça te gêne pas, si Je te lâche dans une chambre. J'ai mon éditeur à appeler
- Non, pas du tout. Faut juste que tu me montres où sont les chambres
Je rigole.
- C'est vrai que ça peut ressembler à un labyrinthe
Bill et Julie montent au premier étage. Ils prennent par la suite le long couloir de gauche. Et, après être passé devant de nombreuses portes fermés, elle en ouvre une. Laissant place à une pièce lumineuse et spacieuse. Remplis par un lit deux places en bois de chênes. Par deux tables de nuit. Et une penderie.
- Voilà, la chambre d'amis. Bon, Je reviens...
Je la laisse partir sans rien dire. Sachant que Je la retrouverai après. Je décide alors de tirer les rideaux pour laisser pénétrer la lumière de la lune dans la salle. Je me retourne , et ne savant pas quoi Faire, ouvre la penderie.
- Je pourrais presque mettre toute ma Garde-robe
Sans faire attention, il repousse machinalement la porte coulissante pour la refermer. Mais quelque chose coince vers l'étagère du haut. Il ré-ouvre donc et recule instinctivement avant que le carton ne lui tombe dessus.
- C'est pas le moment de me faire assommer. Tiens, c'est quoi ?
Je m'accroupis en face du carton et, après un instant d'hésitation, arrache délicatement le scotche. Une intuition me dis que Je ne devrais pas. Mais comment ne pas résister ? J'écarte ensuite les quatre coins et découvre une lignée d'enveloppes, extrêmement bien rangées. Ne voulant pas m'arrêter là, Je prend la première au fond. Et lis au dos :
Mr Kaulitz Bill
ABBEY Road NW8
City Of Westminster
Une question traverse alors mon esprit.
- Une lettre non envoyée à mon adresse ?
Dans la vie, on apprend qu'on ne peut pas vivre sans certaines personnes.