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Code couleur :
Blanc : récit
Rose : Julie
Rouge : Bill
Jaune : divers
Bleu moyen : Tom
Vert : Gustav
Bleu clair : Georg
Orange : Andréas



La haine, un étrange sentiment que l'on ressent tous pour une personne en particulier. Un sentiment pas si différent de l'amour. A croire que parfois, ou même souvent, ils ne font qu'un. Aimer et détester étant deux émotions fortes. Trop fortes. Elles peuvent vous détruire en un rien de temps. Elles peuvent vous changer en une fraction de seconde. C'est si facile de passer de l'amour à l'haine. Si facile mais pourtant si dure à s'en échapper. A oublier. Toutes les erreurs. Tout les choix. Toutes les conneries. On ne pourra Jamais les oublier. Non, Jamais. C'est encrée en nous, en vous comme ce sentiment haineux dont on veut se débarrasser. Pourquoi certaines personnes veulent se libérer de leur colère envers d'autres ? Tout simplement parce que ce sentiment les relie à quelqu'un. A quelqu'un qu'ils veulent effacer de leur présent. Mais vous savez, oublier une personne aimée, c'est demander l'impossible. Au fil des années, elle restera toujours là. Ici. Quelque part. Près de vous. Car, sans vous en rendre compte, chaque rencontre marque un point précis dans votre vie. Chaque personne marque une place dans votre c½ur. Certains vous apaiseront. Vous feront rire. Quand à d'autres, ils ne vous épargneront pas de la haine. Ils vous tuerons juste par leurs mots. Leurs actes imcompréhensible à vos yeux. Vous chercherez à les comprendre, mais cela ne servirait à rien. Ne cherchez pas à comprendre un être Humain, dans tout les cas. Il part sans calculer son acte. Et ne revient avec regret seulement après. Après qu'il soit trop tard. Oui, trop tard. Triste ? Non, le Monde est Fait ainsi. Et Bill en fait partie. Un salop parmi la foule. Il a voulu de nombreuses fois, se faire pardonner. Il a voulu de nombreuses fois, retrouver Julie. Mais comme Tout homme ou femme, il est dépourvue de Courage. Et maintenant cela n'est plus d'actualité. Aujourd'hui ? Nous sommes le 24 Mai 2008. Deux ans plus tard pour être précis. Deux ans écoulés depuis leur rencontre Et aucun signe de vie. De la part de Julie. Et de la part de Bill. Au fond d'eux, ils y pensent à cette histoire qui les lient. Peut-être trop, d'ailleurs. Mais les Hasards font Bien des choses. C'était déjà un Hasard de se rencontrer dans une Boutique à Hambourg en Allemagne. Alors pourquoi pas dans une rue en plein c½ur de New York, aux États-Unis ? Je vous répéterais bien, pourquoi pas ?
Je sors de la boulangerie, une baguette à la main et un bouquin dans l'autre. Pas n'importe quel bouquin. Eh oui ! J'ai enfin réussi à me trouver un éditeur. Cela fait bien quelques mois, que j'ai publié deux livres autobiographiques. Des bonnes comme des mauvaises critiques me sont parvenus. Ce qui est tout a fait normal, mais c'est grâce à ces lecteurs que j'ai pu me reconstruire une seconde fois. Une nouvelle fois. Et cette fois-ci à New-York. Une Belle Ville peuplé de gens aussi farfelus les uns que les autres. J'ai mis du temps à prendre mes repères. Finalement j'y suis arrivé. Cela n'a pas été facile avec la quantités d'embrouilles que j'ai accumulé. Sans oublier cette histoire dont je ne citerais pas le nom de la personne concernée. Pourtant je me suis battue. Battue contre cette haine. Contre lui. Et me voilà, changer. Souriante ? Oui mais toujours amèrement. Pourquoi ? Car j'ai encore ses sentiments, son visage, ses mots, ses actes dans ma mémoire. En moi. Cela ne partira jamais. Alors je fais avec. Peut-être que ça devait se finir comme ça. J'en sais rien. Aujourd'hui, je suis seule et il n'est plus là. Il ne sera plus là. Je l'ai fuis pourtant défois j'espère le croiser. Juste le croiser. Mais une espérance trompeuse semblant à sa trahison injustifiée.



- Mais où Je vais ?!




Éprise par ses pensées, elle n'a pas fait attention à la direction qu'elle doit prendre pour rentrer chez elle. Au lieu de tourner à droite, évidement elle a pris à gauche.



- Y'a des moments où Je m'arroserais la tronche pour me réveiller



A la minute où elle se tourne, Julie percute une silhouette familière...
Le hasard permet de rattraper nos actes passés.



- Vous ne pouvez pas faire at...



Mon sang se glace, ma respiration s'arrête et mon corps se fige au moment où mes yeux croisent son regard. Le sien. Au contour marron foncé. A la pupille noir. A l'½il profond et enivrant. Un regard unique. Unique comme lui. Comme Bill.

Les mots ne passent pas. Les gestes ne réagissent pas. Les pensées. Les souvenirs défilent juste dans leur tête en même temps que leurs yeux parcourent chaque parcelle de leurs peaux.
Mes lèvres tremblent. Mes mains sont moites. Et mes jambes stagnent. Je suis bloqué. Mon esprit est complètement bloqué. Bloqué par elle. Par Julie. Après un an, comment est-ce possible ? Après un an de semblant de vie sans elle, comment cela peut-il arrivé ? L'avoir en face de moi alors que j'ai tellement espéré la revoir.
Une larme coule alors sur la joue droite de Julie. Lentement. Très lentement. Une larme infinie de bonheur tant attendu. Un bonheur de le retrouver devant elle malgré tout cette haine. Malgré tout ce dégoût qu'elle a pu ressentir. Malgré cette tromperie encore gravée dans sa mémoire.
Malgré le malheur des mauvais souvenirs avec lui. Car la colère ne dépassera Jamais l'amour envers une personne. Jamais, on peut en être sûr. Peut-être est-ce pour cela qu'on pardonne facilement ? Oui, peut-être. Aimé tellement une personne à en mourir c'est si affreux, horrible qu'on en veut toujours encore. Encore et encore des moments avec cette personne. Et Julie en veut inlassablement de ces moments avec Bill, en repensant au passé.
D'un pas indécis, Je m'avance vers son corps si frêle. Si beau. Si parfait. Seulement ses cheveux ont changé, coupés en un carré allongé avec une frange droite. Le reste est là. Le même sourire enfantin. La même élégance vestimentaire. La même expression si douce de son visage. Et ses yeux qui me pénètrent. Qui me parlent sans mots. Qui me troublent comme au premier Jour.
A son action, Je recule plein de méfiance et d'hésitation. Mélangé à de l'envie et du bonheur. Je ne sais pas. Je ne sais plus quoi faire. Étant au pied du mur. Sans moyen de fuir. Sans moyen de lui échapper. Échapper à ce frisson qu'il me procure. Il m'a fait mal. Il m'a tué mais les sentiments sont restés. Sont là. Ici. En moi. Pour l'éternité ? Sûrement. Je n'ai Jamais aimé autant quelqu'un. A part lui. A part Bill. Je l'aime comme la Neige ne peut pas se passer du froid pour exister. Je l'aime comme les humains ne peuvent pas se passer de l'oxygène pour respirer. Je l'aime comme les végétaux ne peuvent pas se passer de l'eau pour pousser, grandir. Je l'aime comme les oiseaux ne peuvent pas se passer d'aile pour voler. Je l'aime comme la vie ne peut pas se passer de la mort pour finir son Cycle. Un amour indescriptible. Je peux le dire. Il est indescriptible. Fort. Trop pour ma tête. Trop pour mon corps. Trop pour mon c½ur.
Le premier geste est Toujours le plus dure. Mais une fois le capte passé, tout reprend à zéro. Chiffre rond désiré par tant d'hommes pour recommencer une vie. Une relation. Un amour.
Je respire profondément, le c½ur serré. Mon regard attacher au sien depuis le début. Ma bouche s'ouvre alors pour former des phrases dans un murmure.



- Si seulement, J'avais su avoir les mots pour te récupérer. Si seulement, Je m'étais rendu compte avant de te perdre, la chance que j'avais de t'avoir. Si seulement, J'avais pu me retenir de faire cette connerie, pour ne pas te revoir partir. Si seulement, J'avais eu le courage de revenir vers toi avant qu'il soit trop tard. Comme maintenant. Si seulement J'aurais su t'aimer comme tu l'as fait. Si seulement, Julie...




Souvent, on ne mesure pas la force de nos actes. De nos paroles.
Tout est abstrait autour de moi. Tout est sans importance. Tout est invisible à mes yeux. Ces passants dans la rue. Ces bruits de Klaxons. Ces gouttes de pluies me glaçant la peau. Ces cries de Gens pressés. Plus rien. Non plus rien n'existe. A part ses Mots. A part lui. A part Bill. J'ai tellement attendu ce moment. Le moment où il me dirait ces phrases. Pas n'importe lesquelles mais les siennes. Les siennes venant du C½ur. De son c½ur à Lui. Pas à quelqu'un d'autre mais à lui.
Une larme coule alors inlassablement sur la Joue fine de Julie. Une larme se mêlant à la pluie mais restant différente de toutes les autres gouttes. Est-ce une larme de peine ? Non, seulement une larme d'amour retrouvé. Un amour laissé sur place mais repris après un an d'absence. A cet instant, vous ne pouvez même pas imaginer le Bonheur qui traverse le corps de Julie. Le bonheur de laisser le passée derrière soi et de pouvoir enfin avancer. Ce que Bill a fait, cela ne s'oubliera pas. Jamais. Mais lorsqu'une personne sait pardonner les péchés des autres, qu'ils soient dures ou insignifiants, elle pourra prendre son avenir en main et ne pas se baser sur la haine envers eux. Car ce qui nous empêche d'avancer, ce ne sont pas les erreurs de notre entourage mais la haine, la déception que nous avons pour eux dans certains instants de notre vie. Vous savez, ne pas trouver le Grand amour n'est pas la pire des choses d'être sur Terre. La pire, c'est d'être déçu et de décevoir tout le monde. Julie surmontera-t-elle la Colère du passé ? Peut-être que oui. Peut-être que non.
Je reste là. A attendre. A attendre un de ses mots. Un de ses gestes. Un de ses regards confiants d'autrefois. Je n'attends plus qu'un retour. Va-t-elle faire le second pas ? Je ne sais pas. Je doute. J'ai peur d'un refus. J'ai peur d'être déçu à mon tour. Déçu de ne plus avoir de chance avec Elle. Elle, que J'ai trompé. Mais Je regrette. Je regrette tout. Je voudrais recommencer à zéro. Je voudrais donner bien plus que ce que J'ai déjà reçu de sa part. La connerie, elle est faite. J'aimerais Juste la rattraper. Encore faut-il qu'elle m'en laisse le choix. Seulement le choix de revenir vers moi, c'est elle qui l'a. Non moi.
Ma gorge se sert et mes lèvres frigorifiées par la pluie tremblent. J'hésite à écouter mon c½ur plutôt que ma logique. Pourtant, Je ne devrais pas hésiter. Je l'aime et rien ni personne ne me fera changer de sentiments.



- Et si on allait boire un chocolat chaud pour se réchauffer ?




La circulation de mon sang s'accélère au son de sa voix. Une voix que je n'avais pas entendu depuis bien longtemps. Trop longtemps. Une voix douce et rassurante. Comme ses paroles. Ses paroles accompagnés d'un sourire en coin.



- Oui, Je te suis




D'un acte simple, Julie prend la main de Bill par surprise. Leurs doigts s'entremêlant et se serrant fort. Si fort à s'en briser les phalanges. Si fort pour ne plus se perdre. Pour ne plus s'éloigner. Pour ne plus se séparer. Pour ne plus être désunis.
Je frisonne de plaisir au contact de sa peau. De plaisir revenu. C'est alors qu'elle m'entraîne dans la foule, ne me lâchant pas une seconde. Non pas une seconde, elle n'a délaissé ma main. Ni elle. Ni moi. Jusqu'à ce qu'on arrive à un café, au coin d'une rue.
Je détache mes doigts des siens et ouvre la porte dans un sonnement de cloche annonçant notre venue. Là, Je repère une table, dis Bonjour à Jo le patron du café, et vais m'installer sur une chaise. Suivit d'un Bill silencieux mais souriant.



- Quel temps de chien ! Je suis sûr qu'il fait plus chaud à Hambourg qu'ici




Je l'observe passer ses mains dans ses cheveux pour les égoutter avec délicatesse. En même temps, j'enlève ma veste trempé, la posant sur le dossier et m'assoie.



- A vrai dire, je ne peux pas te dire s'il fait plus chaud ou non car cela fait des mois que Je suis partie d'Allemagne




A sa phrase, Je cligne des yeux, étonnée par ce qu'il vient de dire.



- Tu as déménagé ? Et ta famille alors ?




Un sourire se dessine une nouvelle fois sur mon visage. Savoir qu'elle s'intéresse à moi, me met du baume au c½ur.



- Non, on est en tournée dans toute l'Europe. Et là on passe Juste un moment de vacances avant de reprendre cette course effrénée


- Une tournée avec Gustav, Georg et Tom ? Mais... Mais c'est Génial ! Depuis quand ça marche ?



Je racle ma voix.



- De... Depuis que tu es partie...




Je détourne les yeux, un pincement au c½ur.
Au bon moment, Jo se ramène avec un plateau pour commander.



- Je vois que tu es en bonne compagnie Julie



Il me fait un clin d'½il, ce qui me vaut un léger rire.



- Bon eh bien, Je vous sert quoi, Jeunes Gens ?

- Un café au lait sans sucre pour Bill et un chocolat chaud pour moi, comme d'habitude

- C'est la force de l'habitude qui nous habitue



Il regarde Julie d'un air complice puis part en direction du service. A vrai dire, Il sait tout d'elle. Un confident ? Oui. Il l'a aidé et a apporté de la tendresse lorsque Bill l'a laissé tomber. C'est en partie grâce à lui, qu'elle s'est relevé petit à petit. Et c'est grâce à des personnes comme lui, qu'on prend conscience qu'on est jamais seule face au malheur.



- Tu te rappelles encore des boissons que j'ai l'habitude de consommer ?



Je joigne mes mains sur la table ronde, en verre.



- Oui, Je n'ai rien oublié de toi




Je passe la main sur mon front avant de la poser sur la table, à mon tour.



- Moi... Moi non plus...




Je regarde sa deuxième main se mettre aussi sur le meuble.



- Vraiment ? Je n'en ai pas eu l'impression cette année. Aucune nouvelle de toi. Aucune




Je rapproche mes doigts vers les siens.



- Je n'ai pas eu le courage, Julie. Je ne l'ai Jamais eu aussi égoïste que Je suis




Un frisson se fait sentir au frôlement de son index sur mon pouce.



- L'égoïsme n'a rien à voir là-dedans. Je te demandais ne serait-ce qu'une lettre. Mais rien n'est arrivé. Combien de fois j'ai espéré t'avoir au pied de ma porte. Combien de fois j'ai espéré retrouvé un mot de ta part dans ma boite à lettre. Combien de fois j'ai espéré entendre ta voix au téléphone. Combien de fois ? Je ne sais pas. Ce que Je sais, c'est que Rien. Rien ne m'est parvenu




Au moment d'enlacer ses doigts dans les miens, deux tasses viennent se poser entre nos mains.



- Merci...




Un Silence s'installe avant que Jo parte.



- J'aurais voulu le faire mais je reculais à chaque fois. Je reculais par la peur d'être rejeté. Par la peur de tes mots



Je bois une gorgée puis dépose la tasse sourdement.



- Te rejeter Bill ? Mais quel idée ! Je... Je tiens trop à toi pour t'envoyer chier. Même après ce que tu m'a fais, je n'ai jamais pu éteindre l'amour que j'ai pour toi. A croire qu'il est plus fort que la haine




Je m'essuie les lèvres d'un revers de serviette en papier.



- Tu me hais ?




Je croise ses yeux, manquant de renverser le chocolat chaud.



- Plus maintenant


- ...Tu... Tu m'aimes ?...



J'accroche son regard avant de répondre :



- Je n'ai jamais cesser, Bill




Les battements de mon c½ur s'accentuent à sa réplique. Elle m'aime encore. Oui, encore.



- Mais Je n'ai plus confiance toi

- Je... Non rien...

- Non, dit

- Je voudrais une seconde chance de rattraper ce que j'ai brisé. Une seconde chance de pouvoir te prendre dans mes bras. De pouvoir te toucher. Caresser ta peau. T'embrasser. Te parler de tout et de rien. Je voudrais une seconde chance pour ce nous que j'ai anéanti, il y a un an. Ne serait-ce qu'une minute de plus...



Je devis son regard, une fois de plus. Troublée. Troublée par lui et ses putains de mots que J'attendais. Et que je viens d'entendre. Recommencer pour mieux souffrir après ? Oui, si c'est pour souffrir d'un amour intense. Je le ferais. Je le referais. Je lui laisserai cette seconde chance malgré la peur d'être trompée une nouvelle fois. Malgrè ce passé chargé. Malgrè ce manque de confiance. Malgrè tout le reste.



- Ce ne sera pas qu'une minute de plus mais toute ma vie...




On est majeur à Dix-Huit ans. On a le code à Seize ans. On a le droit d'entrer en boite à Vintg et un ans. On est à la retraite à soixante ans. Presque Tout est à l'âge légal. Presque Tout sauf le Grand amour. Lui, il n'a pas d'âge.
Comment dire Adieu à une personne sans la blesser ? Comment rester indifférent face à ce dernier Aurevoir ? Comment ne plus l'aimer après tant de souffrance ? Comment ne pas l'haïr lorsqu'elle vous oublie ? Comment tenir sa promesse d'être l'ombre de sa vie sans être dégoûté ? Tant de questions dans un corps. Tant de questions dans un c½ur. Tant de questions dans une tête. Est-ce trop ? Non, ce n'est Jamais assez pour baisser les bras. Car même lorsque vous n'en voulez pas. Même lorsque vous ne le voyez pas. Cette espoir est là. Toujours là. Quelque part en vous, il reste sagement à sa place. Il reste quand le désespoir. Quand la Haine. Quand la peine, vous ronge jusqu'aux ongles. Jusqu'à la chair. Jusqu'au sang. La peine d'être évincé de sa vie. La haine de continuer à penser à cette Histoire qui fait du mal. Qui fait trop de Mal. Alors vous attendez dans le désespoir. Dans le silence. Dans l'ombre. Vous attendez que ce cauchemars cesse. Vous attendez chaque Jour qu'elle revienne. Vous attendez chaque Jour qu'elle vous pardonne. Mais, non. Vous le savez. Vous le savez depuis la date où elle vous a quitté, qu'elle ne reviendra pas. Qu'elle ne reviendra plus Jamais. C'est à cette prise de conscience que chaque Matin, vous n'avez plus la force de vous relever. Que chaque Journée, votre sourire est Faux. Que votre Joie de vivre est vide. Que chaque soir, vous pleurez jusqu'à n'en plus finir. Et cela pour un temps indéterminé. Le temps que vous mettrez à l'oublier. Pourtant cet espoir reste. Oui, il reste parmi toute cette ranc½ur. Mais vous me direz, quel espoir ? Je vous répondrai : celui d'apprendre à revivre. Celui d'apprendre à se relever. Celui d'apprendre à re-sourire. Celui d'apprendre à refaire confiance. Mais surtout celui d'apprendre à re-aimer. A re-aimer quelqu'un d'autre. Ou à re-aimer la même personne qui est revenu après des mois d'attente. Après des années de patience. Car même si elle vous a trahit, vous a tué. Vous a achevé. L'important est qu'elle vous retend la main avec cette même sensation. Cette même sensation d'amour. Et ce pardon. Lorsque vous saurez reconnaître l'important d'une histoire. Vous saurez aimer démesurément. Vous saurez aimer dans la Joie comme dans la peine. Vous saurez aimer dans la richesse comme dans la pauvreté. Vous saurez aimer à la vie comme à la mort. Et Bill & Julie ont ce savoir. Que dire quand c'est comme cela ? Rien mise à part admirer. Respecter. Se taire.
Je tend mon bras à travers la fenêtre de la portière ouverte, et appuie sur le Bip de la clé pour ouvrir le Grand portail blanc électrique.
Je regarde alors, assis sur le siège passager de la Mercedes noire, l'extérieur. Pendant qu'elle engage doucement sa voiture dans l'allée de gravier blanc, mes yeux s'ébahissent à la vue de sa Demeure. Une Demeure immense, en Crépis assez clair. Aux multiples Fenêtres et Balcons bâtis sur Trois étages. A une Porte d'entrée double battante, d'une couleur rouge. Et au Gazon bien tondu, disposé de chaque côté de l'allée. Décoré par des fleurs exotiques. Sans oublier, un magnifique lierre qui serpente la façade la Villa.



- C'est... C'est impressionnant...




Je souris à sa réplique en arrêtant le moteur de la Bagnole garée sur le devant du Pavillon. Et dans un élan, Je descend. Ravis de lui montrer mon Nouveau chez-moi.



- Reste pas dehors. Entre




D'un pas enfantin, Je la suit. La tête rivé vers le haut, admiratif. Peut-être trop admiratif au point de louper la marche menant à l'entrée.



- Fais attention, Banane



Je laisse échapper un rire à son insulte.



- Je vois que tes insultes sont toujours aussi Originales




Je lève les yeux en l'air sans répondre. Puis referme la porte derrière lui.



- Bon, voici le Hall




Deux escaliers situés à Gauche et à droite, se rejoignent dans un couloir en haut, ouvert vers le bas. Au centre de la pièce, règne un carrelage éclatant. Sans tapis. Sans meubles. Juste un porte manteau et un Grand tableau représentant un Ange. Êtes-vous déjà entrés dans un Hôtel ? Eh bien, pour moi, c'est la même chose.



- Ça te gêne pas, si Je te lâche dans une chambre. J'ai mon éditeur à appeler

- Non, pas du tout. Faut juste que tu me montres où sont les chambres



Je rigole.



- C'est vrai que ça peut ressembler à un labyrinthe




Bill et Julie montent au premier étage. Ils prennent par la suite le long couloir de gauche. Et, après être passé devant de nombreuses portes fermés, elle en ouvre une. Laissant place à une pièce lumineuse et spacieuse. Remplis par un lit deux places en bois de chênes. Par deux tables de nuit. Et une penderie.



- Voilà, la chambre d'amis. Bon, Je reviens...



Je la laisse partir sans rien dire. Sachant que Je la retrouverai après. Je décide alors de tirer les rideaux pour laisser pénétrer la lumière de la lune dans la salle. Je me retourne , et ne savant pas quoi Faire, ouvre la penderie.



- Je pourrais presque mettre toute ma Garde-robe




Sans faire attention, il repousse machinalement la porte coulissante pour la refermer. Mais quelque chose coince vers l'étagère du haut. Il ré-ouvre donc et recule instinctivement avant que le carton ne lui tombe dessus.



- C'est pas le moment de me faire assommer. Tiens, c'est quoi ?



Je m'accroupis en face du carton et, après un instant d'hésitation, arrache délicatement le scotche. Une intuition me dis que Je ne devrais pas. Mais comment ne pas résister ? J'écarte ensuite les quatre coins et découvre une lignée d'enveloppes, extrêmement bien rangées. Ne voulant pas m'arrêter là, Je prend la première au fond. Et lis au dos :

Mr Kaulitz Bill
ABBEY Road NW8
City Of Westminster
Une question traverse alors mon esprit.



- Une lettre non envoyée à mon adresse ?




Dans la vie, on apprend qu'on ne peut pas vivre sans certaines personnes.
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# Posté le vendredi 18 janvier 2008 13:21

Modifié le vendredi 18 janvier 2008 14:20

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Une fois le téléphone remis sur le socle, je m'avance d'un pas lent vers le Hall. Puis je m'arrête, arrivée au centre de l'immense salle. Je lève alors les yeux aux plafonds, regardant le toit en forme de coupole vitrée. Des gouttes tombent sur le verre, une à une, dans un bruit assourdissant. Brisant le silence de la pièce assombrie par la pénombre qui s'abat sur la Villa. Dans ce noir inquiétant, faiblement illuminé grâce à la Lune, mon visage ne dessine aucune expression. Aucun sentiment. Le reflet de mon c½ur ? Je ne serais y répondre. Pourtant une larme coule sur ma joue pâle. Une larme ni de tristesse. Ni de joie. Juste du vide. Oui, Je suis vidée. Vidée de mes souvenirs douloureux. Vidée de la ranc½ur passé. Vidée de cette année sans lui. Sans Bill. Vidée certes, mais de là à oublier. Je ne crois pas. Je ne pense pas. Un jour on m'a dit « Le temps passe, les souvenirs s'effacent mais la douleur reste ». Cette personne avait raison. Car après douze mois, ma mémoire a beau effacé cette trahison, la douleur fait maintenant partie de moi. La colère ? Elle n'en a plus sa place, aujourd'hui. Je l'ai détesté, oui. Mais je l'ai aimé à la fois. Je l'aime encore. Et je l'aimerais sûrement toujours. Vous me direz, des pensées en l'air. Des belles paroles. Je vous répondrai, que ces mots, mes mots, je peux les dire. Les penser à mon âge. Quand vous aurez vécu un an au fond du Gouffre, vous comprendrez. Quand une personne vous arrachera le c½ur, vous comprendrez. Quand vous détesterez mais aimerez en même temps, vous comprendrez. Vous comprendrez quoi ? Vous comprendrez ce qu'est l'amour. Pas un amour de téléfilm. Je parle d'un amour détruit. Puis reconstruit. Car le plus facile c'est détruire. Le plus dur reste à faire. Reste à voir. Bill est à présent à mes côtés. Pour combien de temps ? Je ne sais pas. Peut-être le temps d'une reconstruction. Oui, je l'espère. J'espère revivre nos sensations passés. Nos premiers baisers. Nos premiers gestes. Nos premiers mots. Ce nous qui a disparu par sa faute. Par la mienne. Mais une chose est sûr, ce que j'éprouve envers lui. Pour lui, n'a pas changé. J'ai peur de l'avenir mais le passé ne m'empêchera pas d'avancer avec lui. Sans regret. Sans déception. Vous savez pourquoi j'en suis certaine ? Parce que je crois en lui. Je crois en moi. Je crois en ce nous qui n'est pas perdue. Et que tant que je crois, mon c½ur peut réapprendre à goûter au bonheur. A l'amour. Puisque après tout, mon amour c'est lui. C'est Bill.



- BAM



En entendant ce bruit venu d'en haut, je sursaute. Enfin sortie de mes pensées. Machinalement, je monte à l'étage pour voir ce qui s'y passe. Montant la dernière marche, je tourne à gauche et me dirige vers la porte mal fermée de la chambre d'amis. Je la pousse donc pour l'entrouvrir et observe Bill à genoux, en face d'un carton, une lettre en main. Pas n'importe quelle lettre, une de mes lettres. D'un quart de seconde, je rentre subitement et lui vole le papier des doigts. L'arrêtant en pleine lecture.



- Non mais ça va pas de lire ce qui ne t'appartient pas !



Ma voix se fait stricte. Grave par le sentiment furieux qui m'envahie. Furieuse qu'il l'ai trouvé. Qu'il les ai trouvé.




- Pourtant elles me sont destinées...

- Taie-toi !



Un silence lourd s'installe alors dans la chambre. Il se lève lentement, à quelques mètres de moi, me regardant. Me fixant. Je sais ce qu'il va dire mais je ne veux pas. Je ne veux pas entendre cette question.




- Pourquoi ? Pourquoi ne me les as-tu pas envoyés ?



Mes yeux deviennent rouges sans le vouloir.



- Peut-être parce que j'étais frustrée à l'idée que tu les lises. Peut-être parce que je pensais que tu m'avais oublié, vue que tu ne me donnais pas de nouvelles. Peut-être parce que j'avais besoin de sortir ces mots. Ces paroles que je n'avais pas le courage de dire à haute voix...


- Quelle parole ?



Je souris ironiquement. Il n'y a pas que mes sentiments qui n'ont pas changés. Lui aussi avec ses mêmes questions pièges. A cet instant, j'aurais voulu être une souris et me glisser dans un trou pour mieux me cacher. Me cacher de devoir répondre à sa réplique. A sa réplique trop personnel.



- Celle de t'aimer...




Quand une personne n'arrive pas à dire « Je t'aime », je peux vous assurer qu'une fois qu'elle vous le dit, elle le ressens sincèrement.
Avez-vous déjà sentie votre c½ur décoller sous une pression de bonheur trop forte ? Avez-vous déjà sentie votre corps subir un effet d'apesanteur ? L'avez-vous déjà ressentie ? Moi, oui. Et je le ressens à l'instant même. A l'instant même de ses mots. A l'instant même de sa déclaration. Une déclaration tant attendu depuis deux ans. Depuis la première fois où mon regard a croisé le sien, dans ce magasin d'Hambourg. Depuis la première fois où mes doigts ont touché les siens, dans cette cabane au fond de la forêt. Depuis la première fois où mes lèvres ont savouré les siennes, dans cette Hôtel à Berlin. Depuis la première fois où mes mots ont eue un impact sur elle. Sur moi. Sur nous. Un nous que je retrouve peu à peu aujourd'hui, après douze mois d'absence. Douze mois d'hésitation. Douze mois de culpabilité. Douze mois d'ignorance. Douze mois de sourires amers. Un sourire revenu sur ma bouche. Sur la sienne. Son sourire dans mes pensées mais aussi ses lettres. Ses phrases que je n'ai jamais lues. La peur de me les envoyer. Le regret de ne pas les avoir reçu avant. Peut-être serais-je revenue plutôt ? Peut-être que oui. Ou sûrement que non. Non par la honte de ma trahison. Je sais qu'une partie d'elle ne me fera plus confiance. Pour jamais ? Je ne sais pas. Vous savez, certains penseront que sans confiance mutuelle, rien n'irai. La relation ne durerai pas. Si vous faites partis de ces gens, j'aurais le regret de vous avouer que l'amour est la base. Ce qu'il y a autour comme la confiance, la fidélité ou encore la franchise ne compte pas. Presque pas. Vous remarquerez alors que vous pardonnez toujours par amour. Pour une trahison, des mensonges, une infidélité. Vous pardonnez sans cesse, difficilement certes mais à chaque fois. C'est là où on associe le verbe aimer à souffrir. L'un ne va pas sans l'autre malheureusement. Et heureusement. Malheureusement pour la douleur à encaisser. Heureusement pour les étapes à franchir à deux. Car sans étapes, une relation n'est appuyé que sur du vent. Si vous ne faisiez que rire, baiser, parler, faire la fête, vous vous ennuierez à perte vue. Une relation c'est un mélange de complicité et déchirures, de conversations et de disputes, de bonheur et de pleurs, de sincérité et de tromperies. D'amour et de haine. C'est à partir de ses émotions, de ses gestes que vous apprenez à construire une histoire tout en la détruisant. Comme un château de cartes que vous essayez d'empiler le plus haut possible, jusqu'à ce qu'une seule ne cède. J'apprend cela et je le fais. Je joue le jeu de me brûler, de souffrir encore ainsi que ma partenaire. Car absolument rien n'est égale à l'amour que je lui porte. Rien même pas mon âme. Même pas mon bonheur. Même pas ma vie. Alors quand elle me dit « celle de t'aimer... », je ne peux que verser des larmes. Des larmes de joies, de sentiments intenses.
Mon c½ur bat cent à l'heure à son silence. Je ne sais pas ce qu'il pense. Et pour embellir mon angoisse, il ne dit rien. Il me regarde juste en pleurant. Pleurant pour quoi ? Pour me prouver qu'il est trop tard à présent ? Une chose est sûr, je n'aurais jamais dû lui dire. Ce sont des mots à ne pas dire. Du moins, pour ma part. Mais mes émotions m'ont rattrapé, une fois de plus. Une fois de trop.



- Oublie ce que je viens de dire, Bill. C'était une mauvaise idée. Fait comme ci il ne s'était rien passé. Ça vaut mieux



Sous le coup du stress, Je ramasse le carton de lettre. Puis remet celle prise par lui à l'intérieur. Et le referme rapidement. Évitant son regard.




- Je t'aime aussi, Julie



Des mots qui s'échappent de ma bouche sans le vouloir. Inconsciemment.

Je lâche soudainement le carton au sol à sa phrase. Ma respiration s'arrête et mon corps se fige. Je lève alors avec beaucoup de courage les yeux vers lui.



- Tu...




Avant qu'elle ne continue sa réplique, je m'approche d'elle et pose délicatement mes mains de chaque côté de sa nuque. A la suite de cette action, je la regarde puis scelle ses lèvres tendrement et amoureusement.
Au contact de sa bouche, j'agrippe mes doigts dans le bas de son dos. Je presse alors légèrement mes lèvres sur les siennes, en signe d'approbation.
Un tierce parut une heure. Une seconde des jours. Une minute des mois. Un baiser en surface que j'aurai voulu faire perdurer éternellement. Infiniment comme les sentiments que j'éprouve à son égard.
Il retire doucement sa bouche, toujours superposée à la mienne. Son souffle encore sur mes lèvres. Je sens ensuite avec une intensité de bonheur, son sourire se dessiner sur le mien.



- Je t'aime tellement



Il y a plus de 6 milliards d'âmes dans le monde. Et pourtant il ne vous en faut qu'une.
Un sourire lâché. Un regard illuminé. Une démarche légère. Une voix remplie d'entrain. Un rire revenant sans cesse. Un visage détendu. Et une âme qui croit en quelque chose. La définition même du vrai bonheur qu'on ne ressens pas aussi souvent qu'on le dit. Car l'homme aura beau se dessiner un sourire, ce n'est que paraître aux yeux des gens. Vous savez, il y a une seule chose que le corps arrive à faire mais non le c½ur : celui d'être faussement heureux. Vous les avez vu plus d'une fois, ces personnes souriantes détruites de l'intérieur. Peut-être en faite vous partis. J'affirmerai même cette hypothèse. Je l'affirmerais pour vous mais non pour eux. Julie et Bill. Aimer et être aimé, n'est-ce pas rien ? Non, c'est la simple joie de ressentir ce que l'autre ressens. De désirer ce que l'autre désir. D'admirer ce que l'autre admire. De recevoir ce que l'autre vous donne. D'avoir ce que l'autre a, c'est-à-dire vous. Il a votre âme, votre c½ur et vous de même. Reste à savoir ce qu'il en fera et ce que vous en ferez. Car votre vie ne dépend pas que de vous mais de l'obsession que vous avez : lui. Ironique comme on se laisse facilement brûler les ailes pour goûter à ça. Pour goûter au bonheur. Pour goûter à l'amour. Puisque vous ne le savez peut-être pas mais notre but dans la vie n'est pas le succès, l'argent mais l'amour. Le monde tourne autour de ce sentiment ainsi que l'homme. Une fois que vous l'avez trouvé, ne le lâchez plus. En tout cas Bill ne lâche plus Julie. Sûrement pour cela qu'il l'a invité à un de ces concerts, dans un club de New York, deux semaines après leurs retrouvailles. Enfin non pas que pour cela. Une surprise l'attend à son ignorance.
Je m'assoie à une table ronde en verre, à la deuxième rangée près de la scène puis pose mon sac large noir sur le meuble. A peine assise, un serveur m'interpelle déjà.



- Voulez-vous passer commande, Belle demoiselle ?



Je souris, rougissant légèrement à son compliment. A vrai dire, je ne suis vêtue que d'une simple robe noir à bretelles fines. De ballerines aux pieds. Pour finir mes cheveux ne sont même pas attachés.



- Merci mais il n'y a rien de jolie, monsieur




Il me sourit à son tour.



- Vous avez tord car le bonheur que vous dégagez, vous rend encore plus belle



Gênée, je passe une main sur mon front.



- Pour en revenir à ma commande, juste un verre d'eau me suffira


- Hm... Très bien. Ce sera tout ?



Je dégage mes doigts de mon visage.



- Le concert commence dans combien de temps ?


- Normalement, tout de suite. Ça ne devrais plus tardé, Belle demoiselle



Je re-souris.



- Merci



Cela faisait longtemps qu'un homme ne m'avait pas abordé comme cela. Mais à vrai dire, je n'en ai qu'un dans ma vie : Bill.

A l'instant où elle pense son nom, les lumières s'éteignent dans la salle du club américain bondée et la mélodie du groupe Tokio Hotel résonne à l'intérieur des murs. Julie ne fait alors qu'admirer le travail des quatre musiciens mais surtout de celui qu'elle aime.
Arrivé à la fin du concert, Bill s'arrête au milieu de la scène, le micro en main. Il balance alors son regard dans le public pour croiser celui de Julie.
Mes yeux dérivent instinctivement dans les siens et mon c½ur se met à battre à toute allure. Les cries de la foule ? Non. Le stresse d'une surprise qu'elle peut, peut-être détester. Mais après tout qui ne tente rien n'a rien. Et ce soir je ne veux pas tenter mais prouver combien mes sentiments sont intenses à son égard.



- Avant de clore cette belle soirée en votre présence, j'aimerais dire quelque chose à la personne qui fait battre mon c½ur, Melle Wester Julie




En entendant mon nom, mon c½ur fait un boum dans ma poitrine. Mes yeux se figent et ma respiration s'arrête une fois de plus. Qu'est-ce qu'il veut me dire ? Surtout devant trois cents personnes.
D'une main tremblante, je remet le micro sur le pied puis pénètre mon regard dans le sien. Un projecteur l'éclaire alors. J'ouvre la bouche mais la referme par peur. Non, certainement pas. C'est pas du tout le moment, Bill. Inspire, Expire. Tout ira bien. Elle ne se barra pas en courant. Du moins, je l'espère.



- Ces nombreus soirs où mes rêves devenaient réalités devant des centaines de gens, tu n'étais pas là. Pourtant c'était des grands jours à mes yeux. Mais assis dans le bus après chaque concert, je me suis rendu compte qu'aucun de ces grands jours dans ma vie m'importaient sans toi. Tu es celle que je veux à mes côtés quand mes rêves se réalisent. Et tu es celle que je veux à mes côtes quand mes rêvent s'écroulent. Tant que je t'ai, rien n'a d'importance.




Une larme coule lentement sur ma joue. Une deuxième suivit d'une troisième. Mes mains croisées sur la table se ressert en même temps que mon c½ur se noue. Se noue d'amour pour ses mots. Pour lui.



- Tu te souviens du soir où j'ai faillit te perdre ? Moi oui, et je me rappelle surtout de cette chanson



Je regarde alors Tom et acquiesce de la tête.

Le guitariste commence alors à jouer, rompant le silence dans la pièce. Après quelques secondes, Bill prend son courage à deux mains et chante d'une voix à la fois fébrile et douce :



- Regarde il gèle là sous mes yeux
Des stalactites de rêves trop vieux
Toutes ses promesses qui s'évaporent
Vers d'autre ciel vers d'autres ports

Et mes rêves s'accrochent à tes phalanges
Je t'aime trop fort ça te dérange
Et mes rêves se brisent sur tes phalanges
Je t'aime trop fort
Mon ange mon ange

De mille saveurs une seule me touche
Lorsque tes lèvres effleurent ma bouche
De tous ses vents un seul m'emporte
Lorsque ton ombre passe ma porte

Et mes rêves s'accrochent à tes phalanges
Je t'aime trop fort ça te dérange
Et mes rêves se brisent sur tes phalanges
Je t'aime trop fort
Mon ange mon ange

Prends mes soupirs donne moi des larmes
A trop mourir on pose les armes
Respire encore mon doux mensonge
Que sous ton souffle le temps s'allonge

Et mes rêves s'accrochent à tes phalanges
Je t'aime trop fort ça te dérange
Et mes rêves se brisent sur tes phalanges
Je t'aime trop fort
Mon ange mon ange

Seul sur le socle en équilibre
Mes poumons pleurent mon coeur est libre
Ta voix s'efface de mes pensées
J'apprivoiserai ma liberté

Et mes rêves s'accrochent à tes phalanges
Je t'aime trop fort ça te dérange
Et mes rêves se brisent sur tes phalanges
Je t'aime trop fort
Mon ange mon ange




N'importe où. N'importe quand. N'importe qui. Sachez qu'une personne vous aime comme vous l'aimez. Seulement vous ne la voyez pas encore.
Fermes les yeux. Touches le sol des pieds. Et marches vers l'inconnu qui te fait si peur. Tends les mains. Et raccroche-toi à quelqu'un, quelque chose pour ne pas tomber. Ces murmures qui disent que tu es seule face à la vie, ne les écoutes pas. Car tu verras, il y aura toujours cette Personne qui te retiendra dans ta chute. Cette Personne à qui tu compteras éperdument à ses yeux et que tu aimeras à en perdre la raison. Tu ne la connaît peut-être pas aujourd'hui mais qui sait pour demain ? Tu ne la vois pas, par contre cette Personne t'attend. Et t'attendra pendant que tu espères l'avoir un Jour. Alors continue à espérer comme Julie a eu l'espoir de rencontrer Bill.
Tapant du pied contre le muret, en face de la sortie des artistes, j'angoisse à l'attendre. J'angoisse à ne plus savoir quoi lui dire face à sa déclaration. J'angoisse à ne plus savoir comment lui montrer que je l'aime. J'angoisse à être obliger de lui avouer ces Trois mots qu'il m'a déjà dit. Peut-être devrais-je cesser d'angoisser pour rien. Puisqu'après tout, il est à moi. Oui, Bill est à moi.



- Hum...



Qu'est-ce que cette pensée me fait sourire.

Je pousse avec fatigue la lourde de porte et sort discrètement. Je vois alors Julie, le regard au sol et les mains tremblantes. Ses mains tremblent toujours quand elle est stressée. Machinalement, je m'avance vers elle et m'arrête à quelques centimètres.
Je lève alors les yeux en sa direction et croise les siens.
Elle les baisse aussitôt.
Gênée, je me mords la lèvre.



- Tu sais, je... Je ne suis pas habituée à ça




Mes doigts se glissent dans les siens.



- A quoi ?




Je m'efforce de re-croiser son regard.



- A être heureuse avec toi




Je souris légèrement.



- Parce que normalement tu es malheureuse ?




Je ressert mes mains dans les siennes.



- C'est... C'est pas ce que je voul...




Imprévisiblement, je scelle dans un élan de compassion mes lèvres aux siennes, en surface.
Un frisson me parcourt le corps. Ce même frisson qu'il me procure à chaque baiser. A chaque geste de sa part sur moi.
Lentement, je retire ma bouche.



- J'avais oublié combien t'embrassais bien




Je lâche un rire à sa réplique.



- Et si on revoyait ça, ce soir. Seulement tout les deux


- Hm... Très bonne idée



Je l'embrasse une nouvelle fois en surface.



- Au risque de me répéter, je t'aime




A ces paroles, Bill remarque les yeux de Julie s'illuminer. Il sait qu'elle n'a pas besoin de les dire pour qu'il le sache. Il le sait et il n'en doute pas.
A ce moment précis, il y a 6 470 818 671 personnes sur Terre.
Certaines doivent s'inquiéter, certaines rentrent chez elles. D'autres mentent pour passer leur journée tranquille, d'autres encore doivent affronter la vérité. Certains sont des malfaisants en guerre contre le Bien. Certains sont bons et doivent combattre le Mal. Six milliards de personnes sur Terre, Six milliards d'Âmes et parfois, on aurait besoin que d'une Seule.
Quelque part dans New York, dans un des Hôtels les plus friqués de la ville.



- Mon éditeur vient d'appeler, faut que je te laisse. Mais je reviens dans la soirée



Je lui retiens la main ayant du mal à la laisser partir.



- Promet-moi que tu reviendras




Je plonge intensément mon regard dans le sien.



- Promis




A sa réponse, j'avance mon visage du sien et pose délicatement mes lèvres sur les siennes.



- Je t'attendrais... Dans la douche




Mes joues s'enflamment et un sourire se dessine sur ma bouche.
En silence, elle sort de la chambre sous les yeux désireux de Bill.
J'allume la pomme de douche et ferme les paupières. Les gouttes d'eau imprègnant mon corps nus, m'apaisant l'esprit.
Une silhouette l'observe un instant avant de se décider à bouger. Il ne se rend pas encore compte de sa présence bien qu'il devrait. Elle laisse donc tomber sur le carrelage une serviette blanche et se glisse à travers la glace flou de la douche.
Etant de dos, je sens des mains encercler ma taille avec sensualité. Ne me doutant de rien, je soupire de plaisir.



- Tu me manquais


- Toi aussi, tu m'as manqué



J'ouvre subitement les yeux, réalisant que cette voix n'est pas celle de Julie. Je me retire de cette étreinte et me retourne en découvrant avec effroi Priscillia dévêtue en face de moi.



- Sors d'ici !


- On est fait l'un pour l'autre, Bill. Tu le sais. Aurais-tu oublier notre mariage à Las Vegas ? Moi, jamais. C'est pour cela que je suis revenue et tu m'....

- Je n'ai jamais voulu de toi, bordel. Sors pour la deuxième fois, merde



Pris de panique et de colère, j'accroche mes doigts à son bras pour la pousser en dehors. Je lui redonne sa serviette et prend la mienne en me recouvrant.

Je rentres dans la salle de bain, le sourire s'effaçant tout de suite à cette vision d'horreur. Je regarde alors Bill, mon c½ur se remémorant sa tromperie d'autrefois.
Je lis dans ses yeux du dégoût et de la haine. Mon c½ur se sert, se noue en sachant pertinemment que c'est un malentendu.



- Ce n'est pas ce que tu crois...




Je sens la blessure de mon c½ur se ré-ouvrir. Comment ai-je pu encore lui faire confiance après ce qu'il m'a fait, il y a un an.



- Putain mais qu'est-ce que je suis conne




Non. Tous sauf ça. Tout sauf le fait de la perdre à cause d'une arrivée au mauvais endroit, au mauvais moment.



- Je te jure qu'on a rien fait, Julie. Je te le jure...




Les larmes coulant sur mes joues, ses mots qui me sifflent aux oreilles comme des mensonges. Encore des mensonges. Toujours des mensonges.



- Arrête de jurer, Bill. Tu me mens sans cesse


- Mais c'est faux ! Il ne s'est rien passé. Priscillia dis-lui...



Sûrement la pire connerie qu'il aurait pu éviter en le lui demandant. Rien qu'à voir son sourire de parfaite pétasse.



- J'aime Bill et il m'aime moi. Toi, il ne t'a jamais aimé. Peut-être pour cela qu'il ne t'a pas baisé, ma pauvre fille



Dans un excès de rage et de douleur, je la claque de toutes mes forces, projetant son visage au sol. J'essaye alors de regarder Bill, mais je ne peux pas. Je ne peux plus. Il m'a réduit à néant. Encore, une fois.



- Je...




Je m'approche d'un pas mais elle recule vers la sortie.



- Je croyais en nous



Je veux en vain croiser son regard pour la retenir. Les mots ne sortant plus de ma bouche.



- Julie, je te pro...




Sans le laisser finir sa phrase, je m'enfuie. Une fois de plus. Une fois de trop.



- JULIE...



Vous vous levez un matin et plus rien ne compte à vos yeux comme vous ne comptez plus au monde. Vous vous regardez dans un miroir et n'y voyez personne comme personne ne vous voie. Alors vous pleurez mais cela ne vous atteint plus. L'inexistence vous est égale puisqu'au fond vous l'avez toujours vécu. Vous savez certains disent que l'on naît seul, que l'on vit seul et que l'on meurt seul. Ces personnes ont sûrement raison à un moment de la vie. Un moment où l'absence de sentiments apparaît pour laisser place à un vide. Vous connaissez ce vide. Vous le connaissez bien lorsque vous n'avez plus l'envie de dire, de faire, de ressentir. Vous pourrez appeler cela une dépression mais c'est encore plus profond. Car être là sans être là, c'est se laisser mourir de l'intérieur. Vous l'avez tous ressentis un jour. Ce jour où vous en avez rien à foutre de tout au point de ne plus rien détester. Mais vous savez que ce n'est qu'un passage qui sera vite oublié. A part quelques personnes pour qui ce vide est habituel. Habituel à cause d'un passé. D'une trahison. D'une douleur qu'à force de ressentir devient abstraite. Et la douleur de Julie est abstraite. Comme quoi, le bonheur est éphémère et la souffrance éternelle.
Le manque de confiance détruit ce que l'on veut construire.
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# Posté le vendredi 21 mars 2008 13:43

Modifié le vendredi 21 mars 2008 14:38

Suite

Suite
Code couleur :
Blanc : récit
Rose : Julie
Rouge : Bill
Jaune : divers
Bleu moyen : Tom
Vert : Gustav
Bleu clair : Georg
Orange : Andréas



Le front collé contre la vitre du Taxi, mon soufle se brisant en une buée sur la glace, je perds mon regard dans le vaste néant du monde. Les larmes ne sortent plus bien que ma vue se brouille. Pourtant la douleur est là, inscrite plus que jamais dans mon âme. Je la connais tellement cette sensation depuis ces dernières années. La sensation de s'écrouler à chaque fois que je prend le risque de tomber pour quelqu'un. Seulement je mettais promis avant d'arriver à Hambourg, de ne plus m'attacher. De ne m'attacher à rien ni personne. Mais la rencontre de Bill, m'a fait trahir cette promesse. Je ne peux pas oublier les fois où il m'a blessé. Les fois où il m'a fait verser des larmes. Les fois où il m'a touché par ses mots. Par ses gestes. Les fois où il m'a menti. Malgrè tout, je me retiens encore à lui. A cette terrible vérité. Celle que je l'aime. Je devrais passer à autre chose mais Bill m'a condamné à l'aimer, chaque jour, un peu plus fort. Il a donné à ma vie, un sens que je n'avais pas trouvé moi-même. Et il a appris à mon coeur, ce qu'est le verbe aimer. Peut-être est-ce ça l'amour ? Accélèrer sa course en sachant pertinament qu'on fonce dans un mur. Plus de tortures que de plaisirs. Se briser l'un l'autre pour mieux s'aimer sans jamais pouvoir se libérer. Car où que j'aille, il sera toujours là. Dans mon esprit et mon âme. Puisqu'après tout, c'est lui qui fait battre mon coeur tout en le détruisant. Puisqu'après tout, c'est mon héroïne.
La voiture s'arrête devant son immense Chalet, la retirant de ses pensées. Julie sort alors de la bagnole, tout en donnant l'argent au chauffeur. Puis d'un pas las, elle se dirige vers l'entrée et ouvre d'un geste lent la grande porte...sans savoir ce qui peut l'attendre derrière.
Je referme la porte et, d'un mouvement mécanique, allume la lumière du Hall. Je lâche alors mes clés sur le sol dans une stupeur soudaine.



- Qu'est-ce que...




Sans même la laisser finir, je l'enlace immédiatement par peur de la voir partir une fois de trop.



- Je t'en supplie, Julie. Ne m'accuse pas d'une faute non commise




Je ressers mes doigts sur les pliures de son T-shirt noir.



- Bill... Je ne...




J'accroche mes mains à son cou, le front contre le sien.



- Crois-moi... Je n'ai rien fait




A ces mots, il essaye de croiser mon regard. Mais c'est pour moi, tellement impossible.



- Crois-moi...



Je sens sur ma joue, une de ses larmes coulée. Je lève alors les yeux vers lui...bouleversée de nouveau par ce qu'il dit. Ce qu'il fait. Ce qu'il est.



- Je sais ce que j'ai fait dans le passé. Mais je n'abandonnerais pas ce bonheur que je cherche en ta présence. Je veux que tu saches qu'avec toute cette souffrance, je ne lâcherais pas prise. Avec toutes ses erreurs, j'ai trébuché. Et Je tomberais encore. Car rien n'a de l'importance sans toi. Ces mots sont mon âme et mon coeur...



Mon regard s'illumine. Je ne sais pas comment il arrive à faire ça. Comment il arrive à me persuader que...



- Je ne peux plus vivre sans toi




Ne réfléchissez pas. Foncez. Vous le regretterez tôt au tard sinon.
Ouvrez les yeux, et regardez autour de vous. Que voyez-vous ? Un monde désastreux où le mensonge et la trahison sont rois. Non, essayez de voir à travers les actes superciels des gens. Essayez, ne serait-ce un instant, de comprendre ce faux pas envers votre personne et de le pardonner. Car toutes ces erreurs ne sont rien comparé à l'art de perdre quelque chose, quelqu'un. A force de renier toute personne ayant trompé votre confiance et de ne plus accepter de la revoir, sans être blessante mais réaliste, vous finirez seul. Vous savez, je ne comprendrais jamais ces gens qui reprochent aux autres d'avoir des sentiments mitigés, d'être submergé par les doutes, d'avoir fait mal à quelqu'un ou bien de s'éloigner d'eux. Au fond, ils n'ont pas à juger vos actions ni vos pensées. Ce serait stupidité de dire "le choix était simple, pourquoi tu l'a trompé ? Tu me dégoûte" sans se mettre à la place d'autrui. Trop de personnes critiquent, constatent les faits sans même une seule seconde s'intéresser à ce qui vous a poussé à l'acte, à ce que vous avez ressenti en agissant en homme. Puisqu'après tout, vous êtes des êtres humains par conséquent avoir mal ou faire mal à son entourage insconciemment n'est pas un droit mais une partie de vous. Si vous vous arretez un moment, vous verrez que le bien n'est pas si loin du mal. Alors ne croyez pas que ce que vous faîte vis-à-vis d'une autre personne est mal, même si ça peut être source de souffrance à son égard. Vous avez tous des choix à faire, et des choix resteront des choix avec ou sans doutes, avec ou sans souffrance. Alors ne laissez jamais quelqu'un dire que votre choix est égoïste pour causer les pleurs de l'autre. La vie est un bonheur amer, sachez juste pardonner et accepter les défauts, les erreurs de chacun. Apprenez simplement à prendre du recul. Julie a bien su le faire par amour pour Bill.
Je tape du pied en signe d'impatience, assise à une table d'un restaurant luxueu de New-York, tout en regardant le Soleil se coucher. Trois quart d'heures que j'attend Bill. Je devrais commencer à prendre l'habitude si j'envisage une vie avec lui. A cette pensée, je souris.
Je la vois, au fond de la salle, en robe de soie blanche affinant sa silhouette parfaite à mes yeux, les cheveux bouclés et le sourire aux lèvres.



- Pourquoi tu souris ?




Je lève mon regard vers lui, et l'observe s'asseoir en face de moi.



- Sûrement parce que tu es en retard et que je devrais supporter ça pendant longtemps




Je souris à mon tour à cette pensée.



- Tiens, tu as sorti la chemise ce soir

- Oui mais la cravate me serrait trop alors voilà

- Dit simplement que tu ne sais pas t'habiller chic, Bill



Je rigole légèrement.




- Merci pour le compliment



Je fais alors semblant d'être vexé.




- Je voulais dire par là, que tu es très sexy la chemise débraillée. D'ailleurs, tu n'as pas besoin de chemise pour être sexy



Mes joues prennent un timbre rougeâtre. Je baisse les yeux et regarde vaguement la commande pour ne pas laisser paraître ma gêne.



- Mr Kaulitz serez un grand timide ?



Je me pince la lèvre à ma réplique. Il y avait tellement longtemps que je ne l'avais pas taquiner. A vrai dire, il y avait tellement longtemps qu'on avait pas parlé en toute simplicité. Et je peux vous avouer que cela fait un bien fou.




- Si j'étais timide, je ne ferais pas de tournée internationale avec le groupe ma cocotte

- Et alors ? Tu peux très bien chanté et être coincé à la fois

- Eh...



Je lui attrape la main, et enlace mes doigts aux siens sur la nape blanche.



- D'accord, j'arrête de te vanner. En parlant de tournée, tu pars quand ?




Mon regard s'assombrit à sa question. Seulement une journée qu'on est enfin ensemble et pour une fois, la musique cesse de devenir une priorité dans ma vie.



- Demain...




Je ne veux pas le priver de sa passion. Je ne cherche que son bonheur puisqu'il est le mien.



- Oh c'est génial




Un changement de sujet serez le bienvenue.



- Serveur



Mais je ne suis vraiment pas doué pour ça.

Un silence s'installe.
Voulant continuer la conversation.



- Et c'est où ?


- En Allemagne, à Berlin



J'entends le serveur arriver mais ne fait pas attention à lui.



- Je viens avec toi




D'un geste brusque, je renverse le vase de déco sur la table.



- Co... Comment ?




Je souris, complétement sûr de moi.



- Tu pars, je te suis, Bill




Oh mon Dieu. Les mots que je rêvais d'entendre.



- Mer... Merci à la vie de m'avoir mis sur ton chemin




Je garde ton coeur, Je l'ai dans mon Coeur.
Vous ne vous êtes jamais demandés d'où venait cette force de continuer. D'où venait cette force d'avancer sous les coups durs. D'où venait cette force de combattre ce mal-être en vous. Pourtant la réponse à la question est si évidente que vous n'y faisez guère attention. Pourquoi ? Parce que vous vous croyez seul face à la vie, face à votre personne. Seulement arrêtez-vous, un instant. Qu'est-ce qui vous accompagne tout au long de votre existence ? Qu'est-ce qui vous fait évoluer au cours du temps ? Qu'est-ce qui vous pousse à vous tromper ou vous guider dans vos choix ? Une présence, tout simplement. Vous savez, cette présence à la naissance. Cette présence lors de votre éducation. Cette présence pendant l'adolescence et les premiers joints. Cette présence quand vous couchez la première fois. La musique, l'amitié, l'amour et la famille. Rien de plus simple, rien de plus con. Mais sûrement que vous y pensez de moins en moins en grandissant. Avec le boulot, vos envies personnelles et l'argent, vous perdez souvent l'essentiel. Apprenez juste bêtement à savoir ce qui est important pour vous. A choisir au-de-là de vos ambitions, n'oubliez jamais vos origines. Vos sentiments et votre liberté de pensée. Car Dieu a peut-être donné la parole à l'homme mais la pensée, c'est l'homme qui la possède. Et vous possèdez le don de vous évader, de quoi faire une pause dans ce monde de fou. A force de trop vous bourrer le crâne, vous mettez en second ce qui compte réellement à vos yeux. Alors relativisez, respirez. Ne cherchez plus votre bonheur, il est déjà avec vous. Chez une confidente, un parent ou encore un amant. N'allez pas trouver plus loin, vous avez tout à portée de main. Ouvrez les yeux c'est tout. Puisqu'il n'est jamais trop tard pour prendre conscience de ce qui est important dans votre vie.
Autriche, 27 novembre. C'est à dire trois mois plus tard.
Je fais les cents pas dans la chambre d'hôtel, me tortillant les mains et mordant mes lèvres. Suis-je nerveuse ? Oui, peut-être trop. C'est le dernier concert de la tournée et le après, me fait extrêment peur. Je ne sais pas ce qui va m'attendre, où je vais aller ou encore ce que je vais faire avec Bill. Sans Bill. A vrai dire, le suivre pendant ces longs mois était plus qu'extraordinaire. Cela m'a appris à le connaître et à connaître son entourage et sa situation. Fabuleux pour tout vous dire. Le retrouver après la scène, le sourire aux lèvres et la joie coulant dans ses veines, n'est autre que mon plus grand bonheur. Mais plus j'avance, plus je me dit si j'ai fait une erreur en partant de New-York. Pas parce que Je ne ressens rien bien au contraire, je donnerais tout pour lui. Juste lui. Seulement j'arrive à un point où dans le couple une personne aime plus que l'autre. Et cette personne, c'est moi. Insupportable ? Non. Mais être parfois oublié par l'être aimé, est une douleur atroce. Une douleur qui m'en vient à me poser une seule question : je l'ai suivi mais lui, ferait-il pareil pour moi ?
Je tourne la poignée, surexcité de la rejoindre. Serait-ce un manque ? Bien pire, je crois. Mais surtout parce que j'ai une demande à faire. Suis-je nerveux ? Oui, sûrement trop. Peur du refus, du rejet car maintenant qu'elle a partagé ma vie. Je ne peux plus me passer d'elle, de ses mots, de sa tendresse et de sa patience à mon égard. A vrai dire, elle me donne la force d'aller de l'avant. Elle me rend heureuse tout simplement. Que demander d'autre à part passer mon existence près d'elle ? Je l'aime, c'est tout.



- Mon coeur, je suis là




Je sursaute au claquement de porte. Et souris légèrement en le voyant.



- Tu m'a fais peur, abruti


- Et toi, tu m'a manqué



Je rougis. Puis machinalement passe mes bras autour de sa taille, pour sentir une fois de plus son odeur qui me prend les trippes.
Je pose alors délicatement mes mains sur sa nuque, et renifle le parfum de ses cheveux avec autant de plaisir que la première fois. Par la suite, je retire ma tête et plonge mon regard dans le sien.
Les battements de mon coeur s'accélère lorsque je croise ses yeux pénétrants. C'est à ces moments, que j'oublie tout ce qui m'entoure. Mais comment lui dire ce que je ressens ?
Je racle ma gorge, pertubé par son regard. Faudra bien que je me lance un Jour.
Tout les deux :



- J'aurais quelque chose à te dire



Ils rigolent enfantinement.



- Je suis galant, ce soir. Commence

- Oh, tu es galant quand ca t'intéresse. Nan toi, vas-y



S'ayait, la pression monte.



- Tu es sûr ?




Nan, j'appréhende surtout.



- Oui...




Comment lui dire ?



- Eh bien... Difficile à demander... Quoi que nan...




Va-t-il me quitter ? Je crains le pire.
Inspire, expire.



- Je me suis dit com... Comme la tournée s'est achevée...




Un silence.
Je l'interroge du regard.



- Et que si tu voulais rester avec moi, il y aurait de la place dans l'appartement pour deux...



Mon coeur fait un grand boum. A la limite de sortir de ma poitrine tellement la surprise est immense.



- Tu me demandes de...


- De vivre avec moi...

- Tu es sérieux ?

- Oui, je ne veux plus te quitter Julie



Parfois votre avenir se tient à un oui ou un non.
L'amour. Connaissez-vous au moins l'impacte de ce sentiment ? C'est le pouvoir de manipuler une personne. La douleur qu'elle peut vous infliger. La vengance qu'elle doit subir à votre égard. Mais aussi, la névrosité qu'elle vous donne. Le souffle de bonheur qu'elle vous transmet. L'inspiration qu'elle semble vous parvenir. Et l'indescription de vos sentiments qu'elle vous fait ressentir. Vous n'arrivez plus à vous limiter par sa faute. Ou plutôt grâce à cette personne. Elle vous rend fou au point de ne plus mesurer vos gestes, vos mots. Démesurément, elle vous consume de passion. De désir. De plaisir. De saveur. La saveur de poser votre bouche sur la sienne. Le plaisir de sentir ses doigts carresser d'une douceur infinie votre peau. Le désir de l'avoir près de vous à chaque instant. Chaque moment. Chaque seconde de votre temps. Puis la passion de l'emmener au septième ciel sans jamais vous arrêtez. Rien de mieux que d'être dingue. Camé. Névrosé pour un seul être. Comme ci, elle vous déchirez l'âme et emprisonnez le coeur pour un moment. Pour toujours. Car vous le savez, elle vous prend tout. Et vous n'êtes plus rien sans elle, votre source d'espoir et de vie. Puisque vivre sans cette personne, ce n'est plus une vie. Puisque vous lui donnerez tout, même votre souffle. Puisque si elle saute, vous sauterez. Puisqu'elle représente votre éternel passion. Fantasme. Romance. A l'eau de rose ou pas. Elle définie, tout simplement, l'immensité de votre amour. Et elle seule, en a le secret. Aimer et être aimé, n'allez pas chercher plus loin.
Retrouvée au pied du mur, face à mon avenir. Je ne sais quoi répondre même si la réponse est évidente : oui. Seulement, c'est trop dur pour moi. Vous me demanderez mais pourquoi ? Je vous dirais alors que c'est signe d'angoisse. Juste humain comme on peut dire.



- J'ai peur, Bill




Là, n'est pas la réponse à laquelle j'espèrais.



- Peur de quoi ?




Je me retire de cette étreinte, sentant sa déception.



- Peur que ca ne marche pas




Que ca ne marche pas ? Décidément, je ne comprendrais jamais ses doutes. Je veux seulement vivre avec elle, mais elle me complique encore tout.



- Mais... Mais arrête un peu ça, Julie




Je m'éloigne, offensée par sa remarque.



- Et que j'arrête quoi ?




Je cache mon visage de mes mains, exaspéré. Exaspéré d'être en vain repousser.



- De m'exclure de ta vie sans raison à chaque fois




Je ne cherche absolument pas à l'exclure. Où va-t-il trouver ça ?



- Je ne t'exclue pas. C'est toi qui me fait passer après tout le reste depuis trois mois




Je rigole avec sarcasme. Une phrase qui m'agace bien quand ca inclue ma passion envers la musique.



- La musique ne compte pas plus que toi à mes yeux




Vraiment ?



- Ce n'est pas mon impression, Bill




Un soupçon de colère monte.



- Dis-moi ta foutue impression alors au lieu tourner autour du pot




Je passe ma main sur mon front.



- L'impression de t'aimer plus que tu ne peux m'aimer. Si tu m'aimes




Ha. La meilleure !



- Si je t'aime ? T'en viens même à te poser cette question ?




Je baisse les yeux.



- Oui, parfois




Nan mais je rêve, c'est pas possible. Calme, restons calme.



- Bien sûr, je te demande de vivre avec moi mais je ne t'aime pas. Quel logique que tu donne à ma personne




Mal à l'aise, voilà mon sentiment.



- Ce n'est pas ce que je voulais dire. Tu prends tout de travers


- Je prends tout de travers ? Bordel quand est-ce que tu vas te rendre compte que je te donnerais ma vie ?!

- Je...

- Non, écoute-moi ! Mets-toi bien dans la tête que je suis fou de toi !

- Bill...

- Je suis fou de toi ! Complétement dingue de toi et tes doutes commencent à me bouffer. A nous bouffer !



Mes yeux deviennent rouges et mon coeur se compresse.



- Et moi, je déteste quand tu fais ça. Et c'est ce que je crains en vivant avec toi. Que tu te mettes à gueuler sous une réflexion débile ou être violent




Un silence s'empare de la pièce.



- Sûrement que mes doutes foirent tout mais tu t'emportes à chaque fois. Et... Et je déteste ça



Sous les nerfs, je me dirige vers la porte. Les larmes montants.

Je la rattrape par le bras.
Je me retourne et le regarde.



- Lâche-moi...




Mon coeur ne veut pas la lâcher à cause de mon idiotie.
Je pivote mais sa main sur mon bras me retourne encore.



- Qu'est-ce que tu f...




Sans la laisser finir, je scelle ses lèvres aux miennes avec passion. Puis dépose mes mains sur sa nuque, appuyant délicatement ma bouche sur la sienne.
Un frisson familier me parcourt le corps. Emportée, j'enlace mes bras autour de sa taille et ouvre à demi la bouche.
Ma langue rejoins donc la sienne. Je l'embrasse, la délaisse puis recommence fiévresement. Le désir s'empare alors de moi. Toujours plus fort qu'avant.
Dans un élan, mes doigts soulèvent son habit, carressant au passage sa peau doucement.
Je sursaute et lâche sa bouche, surpris.



- Julie...




Je sais ce que je veux. Et je le veux.



- Taie-toi




Elle emprisonne de nouveau ses lèvres, le poussant légèrement vers le lit.
Parfois, il suffit d'un coup de pouce pour se laisser aller.
Connaissez-vous le mot passion ? Non pour une chose mais pour un amour ardent. Une affection si intense qu'elle peut paraître déraisonnable. Déraisonnable dans son intensité et dans son irrésistibilité. C'est simplement un irrésistible penchant pour quelqu'un, un désir violent pour une personne. A tel point qu'il vous obsède, vous hante, vous brûle l'âme par ce plaisir immense. Vos yeux dévorent son corps et vos mains déchirent sa peau. Emprisonné dans un désir incontrôlable et inoubliable, vous ne voulez qu'assouvir vos fantasmes. Ce fantasme qui est lui ou elle. Vous l'avez tellement attendu, qu'il est impossible de retenir vos gestes violents. Vos caresses griffantes et vos baisers fiévreux. Plus rien ne se contient, une délivrance de sentiments face à cette personne. & le mieux dans ce ressenti est que vous en redemandez encore plus. Vous aimez cette sensation qui réduit à néant vos entrailles. Tuant par la même occasion votre souffle. Et donnant une overdose de contact à votre corps. Gémir à ne plus avoir de son, embrasser à ne plus avoir de bouche, toucher à ne plus avoir de doigts et faire l'amour à ne plus avoir de corps. Juste apprendre par c½ur les formes de cet être désiré et effleurer pendant une éternité sa peau. Une tentation bien trop grande pour une seule âme. Ne pas s'opposer mais se soumettre. Puisque le meilleur moyen de résister à la tentation, c'est d'y céder. Alors Julie cède à Bill.
Le c½ur emballé, Julie le pousse doucement sur les draps, Bill s'asseyant de ce fait sur le bord. Il ne sait pas si elle est sûr de ce qu'elle fait. Il ne sait pas non plus s'il doit retenir ses émotions. Tout ce qu'il sait, c'est que son envie augmente à cet acte. Quand au laissé aller de Julie, il y a longtemps qu'elle aurait dû le faire. Son être ne demandait que le sien et aujourd'hui elle n'a plus la force de le repousser. A vrai dire, elle ne veut plus. Elle ne veut plus trouver d'excuses ou autres. Tout ce qu'elle veut, c'est lui. Suivant ses sentiments, elle s'assoie à cheval sur ses cuisses, rapprochant leurs torses. Les lèvres de Bill frôlent alors les siennes avec passion. Puis dans un élan incontrôlé, il l'embrasse. Passant ses mains sur ses hanches parfaitement dessinées. Des frissons l'envahissent.. par ce baiser endiablé et ses doigts soulevant légèrement son haut. Elle dépose alors ses mains sur sa nuque, l'une glissant lentement dans ses cheveux. Et se resserrant aux moindres pulsions. Pendant que Bill, dans une action continuelle, enlace sa langue et la délaisse. De plus en plus rapidement. De plus en plus profondément sans prendre garde à son excès de désirs ardents. Remontant ses main agrippées au haut de Julie pour découvrir sa peau tant désiré. Et intensément, elle mord sa lèvre inférieure avant de retirer entièrement sa bouche pour enlever son long débardeur. De là, il lui baise le cou avec sensualité, l'obligeant à fermer les yeux par ce surplus de plaisir. Puis au ralenti, il descend ses lèvres le long de son cou... tout en caressant le long de son index, le bas de son dos. Elle soupire à ses caresses, et dépose délicatement ses mains sur les jointures de son t-shirt pour le déshabiller avec douceur. L'habit tombe alors à terre pendant que Bill gémit discrètement dans le cou de celle-ci, grâce à ses ongles s'enfonçant à demi sur son torse dénudé. Se sentant partir dans un début de plaisir extrême, il l'a fait basculer sur le côté, l'allongeant de la sorte sur le dos. A la suite de sa chute, Julie attrape la chaîne argentée de Bill et l'attire vers elle, un sourire affiché dans le coin des lèvres. Ce sourire disparaissant quand ils scellent à nouveau leurs lèvres, leurs mains parcourant chaque parcelles de leurs corps enflammées. Bill, complètement sous son emprise, passe du bout des doigts, sa main gauche sur le bas de son ventre plat & tout en l'embrassant fiévreusement, ouvre la fermeture de sa jupe étant sur le côté. A la suite de ces actes, il délaisse sa bouche, déposant la sienne tendrement près de son nombril pendant qu'il lui retire son bas, glissant sensuelle ment sur ses jambes. Julie, de ses mains, remonte la tête de Bill à son niveau et l'embrasse encore & encore...& encore avec autant de désir que la première fois. Puis le repousse sur le côté, plaquant son dos contre les draps pour prendre ainsi le dessus. Elle accroche alors sa bouche à son cou, descendant doucement sa main droite sur son torse chaud. Le souffle de Bill s'accélère lorsqu'elle frôle l'endroit sensible tout en lui mordant gentiment la peau. Puis ressert ses doigts sur le lit, créant des pliures, au moment où elle déboucle sa ceinture. & déboutonne lentement son jean. Dans un mouvement soudain et brusque, elle recule son corps du sien pour se mettre à genou au bout de ses pieds. D'ici, elle encre son regard dans le sien et accroche ses mains à chaque bas du pantalon...tirant doucement dessus pour le faire descendre..entraînant ainsi Bill vers elle. Arrivée à son but, elle enlève le jean de ses chevilles et le jette par terre..puis avance ses lèvres vers la bouche de celui ci...pendant qu'il se met aussi à genou pour se rapprocher d'elle.
Mon nez collé au sien, mon front plaqué contre le sien, mes doigts mêlés aux siens & mes yeux dans les siens, je le regarde amoureusement. Les battements de mon c½ur s'accélèrent, prouvant ce que je veux lui dire depuis notre toute première rencontre. Seulement à lui. À lui.



- Je... Je t'aime...




Le penser est facile, le dire en est une autre quand on le pense vraiment.
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# Posté le mercredi 18 juin 2008 09:31

Modifié le mercredi 18 juin 2008 10:02